Pourquoi votre cerveau émotionnel peut vous faire voter pour le mauvais candidat

Pourquoi votre cerveau émotionnel peut vous faire voter pour le mauvais candidat

À trois jours du scrutin présidentiel, savez-vous quel candidat aura votre suffrage ? Votre cerveau est loin d’être inactif pendant cette campagne. On vous explique ici les mécanismes cérébraux de la prise de décision. Spoiler : une « banane » intervient dans l’histoire, et menace votre rationalité.

La pensée humaine. Cerveau d'un homme avec les zones relatives au sens, à l'imagination, à l'intellect..., gravure sur cuir, milieu du 17e siècle
La pensée humaine. Cerveau d’un homme avec les zones relatives au sens, à l’imagination, à l’intellect…, gravure sur cuir, milieu du 17e siècle Crédits : Sudhoff-Institut, Leipzig, Allemagne /photo VCG WilsonGetty

Voter​ ​ou​ ​ne​ ​pas​ ​voter à ce scrutin présidentiel du 23 avril ? Voter « utile », ou selon ses idéaux ?​ ​Pour​ ​lequel des onze candidats​ ​? La prise de décision est une fonction​ ​essentielle​ ​du​ ​cerveau. Le 25 avril 2014, l’émission Science publique de Michel Alberganti la passait au scanner des neurosciences. Avec notamment Philippe​ ​Damier, professeur​ ​de​ ​neurologie​ ​au​ ​CHU​ ​de​ ​Nantes et Alain​ ​Berthoz,​ ​neurophysiologiste. Grâce à cette archive (toujours d’actualité malgré les progrès des neurosciences, nous a assuré Philippe Damier), on lève le voile sur les mécanismes à l’œuvre dans votre petite usine mentale lorsque vous devez peser le pour, le contre, convoquer votre libre arbitre, et finalement, opter pour le choix qui vous semble juste. Sachant qu’une donnée vient compliquer l’équation : les émotions, parties prenantes du processus, qui peuvent menacer la rationalité de votre choix.

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L’excès de sport nuit à la libido des hommes 

L’excès de sport nuit à la libido des hommes 

Vous enfilez vos chaussures de course tous les matins pour parcourir 10 kilomètres? Vous avalez 200 kilomètres par semaine sur votre vélo? Ne vous étonnez pas si votre appétit sexuel vous semble quelque peu en sommeil… Les sports d’endurance comme la course à pied ou le vélo, pratiqués de manière intensive, auraient, en effet, un effet négatif sur la libido, révèle une étude publiée sur le site de la revue Medicine & Science in Sports and Exercise.

Les chercheurs de l’université de Caroline du Nord, aux États-Unis, ont soumis plus de 1000 hommes à un questionnaire sur leurs habitudes sexuelles et sportives, notamment sur la durée et l’intensité de leurs entraînements. La plupart des participants pratiquaient la course à pied ou le vélo. Les résultats montrent que ceux qui s’entraînaient le plus longuement et le plus intensément avaient une libido réduite. À l’inverse, les hommes qui avaient une activité physique légère ou modérée avaient des niveaux de libido plus élevés.

Le corps fait des choix en permanence

Les chercheurs n’expliquent pas la nature du lien qu’ils viennent d’établir. Ils suggèrent un impact de l’activité physique sur le taux de testostérone, et donc sur la libido ou sur la fertilité. «Les spécialistes de la fertilité interrogent souvent les femmes sur leur pratique sportive. Selon nos données, nous pensons qu’ils devraient aussi interroger les hommes», conclut le Pr Anthony Ackney, l’un des auteurs de l’étude.

Les résultats de cette étude n’étonnent pas vraiment le Pr Jean-François Toussaint, directeur de l’Institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport (Irmes, à l’Insep), qui explique que le corps fait des choix en permanence. «Lorsqu’on réalise des efforts intenses et soutenus, l’organisme et ses cellules réorientent préférentiellement les voies de production énergétique vers l’option choisie, l’exercice, et moins vers les autres.

Preuve de ce phénomène, le dérèglement des cycles menstruels chez les femmes très sportives: chez les meilleures marathoniennes mondiales, l’aménorrhée (absence de règles) est fréquente. Mais ce phénomène est transitoire, réversible et sans conséquence sur le long terme ni sur les maternités. «Selon les études menées à l’Irmes, lorsqu’elles décident d’arrêter l’entraînement pour concevoir un enfant, elles sont enceintes dans les quelques mois qui suivent ; preuve que le corps est tout aussi “performant” dans ce domaine», rassure le professeur Jean-François Toussaint, qui ajoute: «Ces mécanismes, associés à la longévité plus grande des athlètes de haut niveau, commencent à nous faire mieux comprendre les relations intimes entre performance et survie.»

Ce qui vaut pour les sportifs de haut niveau s’applique-t-il à des sportifs amateurs? Sans doute, mais dans une moindre mesure. «Lorsque les gens rentrent du boulot fatigués, leur libido n’est pas forcément au top. C’est un peu la même chose avec les personnes surentraînées, elles sont fatiguées, manquent de tonus physique et psychique, et leur libido en pâtit», explique le Dr Antoine Faix, urologue et sexologue, responsable du comité d’andrologie et de médecine sexuelle de l’association française d’urologie. (…)

 

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Anorexie, boulimie : le poids des rapports sociaux

Anorexie, boulimie : le poids des rapports sociaux

Carte blanche. Et si le comportement des jeunes femmes de familles aisées, les plus concernées, provenait de tensions entre générations, entre classes ?

Elles sont jeunes, leurs parents sont souvent cadres ou professions intermédiaires… ce qui les prédispose à être en bonne santé. Et pourtant elles ont des comportements anorexiques ou boulimiques. Les caractéristiques qui devraient les protéger sont-elles au principe de leur ­pathologie ?

C’est ce mystère de santé publique que cherchent à résoudre Claire Scodellaro (Paris-I), Jean-Louis Pan Ké Shon (Institut national de la statistique et des études économiques) et Stéphane Legleye (Institut national de la santé et de la recherche médicale) dans le dernier numéro de la Revue française de sociologie. L’anorexie et la boulimie, heureusement, ne touchent qu’une toute petite partie de la population : pour l’étudier, les chercheurs s’appuient donc sur une enquête portant sur près de 40 000 jeunes.

Les hommes satisfaits d’eux-mêmes

D’abord quelques constats. Les jeunes hommes sont protégés, seuls quelques-uns – une poignée – déclarent des comportements anorexiques, les jeunes femmes sont trente fois plus nombreuses. C’est en partie parce que les jeunes hommes sont satisfaits de leur corpulence : en moyenne, leurs mensurations idéales correspondent aux mensurations qu’ils déclarent. Ce n’est pas du tout le cas des filles.

Les filles de cadres sont plus touchées que les filles d’ouvriers : les premières se fixent d’ailleurs les idéaux corporels les plus difficiles à atteindre. Enfin, si l’anorexie et la boulimie commencent à l’adolescence, c’est rarement avant l’âge de 15 ans, et bien après le début de la puberté.

Pour débrouiller le mystère, les sociologues font donc l’hypothèse que les caractéristiques (jeunes, femmes, de classes supérieures) doivent être réinsérées dans des rapports sociaux – de sexe, de classe et d’âge – dans lesquels le corps joue un rôle. Ces modes de relations régulières, ­entre individus différents et inégaux, sont alors étudiés.

Recherche de statut social à l’adolescence

Les rapports de sexe sont envisagés sous l’angle de la séduction, où la minceur féminine est valorisée, par les hommes et par les femmes. Il ne s’agit pas que de domination masculine et de normes imposées. La recherche de la minceur est partie prenante de celle du statut social à l’adolescence : « Dans cette période d’apprentissage où les individus ne peuvent pas tirer prestige de leur profession, les propriétés classantes sont l’apparence et les goûts culturels. » La minceur est ainsi inscrite dans des rapports de classes : dans nos sociétés d’abondance alimentaire, elle est associée aux classes ­supérieures et joue le rôle de critère de distinction entre femmes de milieux sociaux différents.

Et enfin il faut prendre en considération des rapports d’âge et de génération : les filles présentant une anorexie mentale ou une boulimie déclarent plus souvent des relations conflictuelles avec leur père et leur mère. (…)

 

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Santé publique et sécurité routière : Mélenchon le mieux noté par des experts

Santé publique et sécurité routière : Mélenchon le mieux noté par des experts

Jean-Luc Mélenchon a répondu positivement à toutes les propositions du questionnaire envoyé à sept candidats par des personnalités spécialisées de la société civile.

Les intentions de sept candidats à la présidentielle en matière de santé publique et de sécurité routière ont été passées au crible par des experts : Jean-Luc Mélenchon est le mieux noté, devant Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et François Fillon, selon des résultats publiés mardi.

20 questions pour tester les candidats. Sept personnalités avaient envoyé à tous les candidats une liste de 20 questions pour tester leur volonté d’agir contre des facteurs de risque évitables qui sont « à l’origine de 100.000 morts prématurées par an ».

Jean-Luc Mélenchon a décroché un 20/20 car il a répondu oui à l’ensemble des mesures préconisées par ces experts, y compris celles pouvant fâcher des électeurs. Benoît Hamon obtient un 15, Marine Le Pen 8, Emmanuel Macron 7 et François Fillon 2. Nathalie Arthaud a 13 et Jacques Cheminade 12. Les autres n’ont pas répondu. Nicolas Dupont-Aignan n’avait pas été contacté. Les réponses des candidats, les notes délivrées et les commentaires des experts sont accessibles en ligne.

Hausse du prix du tabac, taxe sur les produits trop sucrés… Sur la prévention, il a été demandé qui était prêt à augmenter fortement le prix du paquet de cigarettes, à favoriser l’activité physique dans la vie quotidienne par des financements et pour lutter contre l’obésité, à agir contre les aliments trop gras, trop sucrés, trop salés par l’intermédiaire d’une réglementation de la publicité et des taxes.

La lutte contre la promotion inappropriée des médicaments (avec interdiction des visiteurs médicaux et en faisant en sorte que la formation continue des médecins soit indépendante des laboratoires) ou l’augmentation du nombre de radars mobiles faisaient aussi partie des mesures proposées par les experts.

Mélenchon pour un paquet de cigarettes à 20 euros en 2022. Emmanuel Macron accepte d’augmenter le prix du paquet de cigarettes à 10 euros dès 2017, François Fillon refuse et Benoît Hamon propose d’augmenter les taxes de 10% par an sans répondre positivement. Aucun ne se déclare franchement pour un paquet à 20 euros à la fin de son quinquennat, sauf Jean-Luc Mélenchon.

Quant au remplacement de la mention « à consommer avec modération » par la quantité d’alcool pur en grammes et le nombre de calories dans chaque contenant, il est accepté par trois candidats (Hamon, Macron et Mélenchon), et considéré comme « à étudier » par François Fillon. Taxer les aliments proportionnellement notamment à leur teneur en gras, sucre et sel est accepté par Benoit Hamon et refusé par François Fillon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron. (..)

 

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Santé : les non-dits de la campagne

Santé : les non-dits de la campagne

La santé s’est-elle vraiment invitée dans le débat présidentiel, comme l’affirment et s’en félicitent de nombreux acteurs du secteur ? Certes, la polémique autour des propositions de François Fillon, accusé pendant de longues semaines d’être le fossoyeur de la Sécu après avoir proposé une séparation entre la prise en charge du petit et du gros risque, a relancé la question du panier de soins et du rôle respectif des régimes obligatoires et des acteurs complémentaires, au premier rang desquels la Mutualité.

Les vraies questions sont-elles pour autant posées ? Cette polémique n’est-elle pas avant tout l’illustration de l’écart entre une protection sociale rêvée et une réalité que l’on préfère ignorer ?

Des écarts déjà actés

Bien sûr, la séparation petit risque/gros risque n’a aucun sens au-delà de la recherche d’économies de court terme. Bien sûr, cette séparation conduit à négliger la prévention.

Le taux de remboursement moyen est déjà de 90 % pour les soins lourds et de 50 % pour les soins courants

Pourtant, l’objectif d’équilibre des comptes s’est imposé et la tendance à la baisse du remboursement des soins courants a traversé les majorités politiques depuis de longues années, avec une ampleur et un rythme parfois différents, mais avec une grande constance et une conséquence que nul ne peut nier, un taux de remboursement moyen de 90 % pour les soins lourds et de 50 % pour les soins courants. N’est-ce pas déjà une séparation petit risque/gros risque… que chacun a accepté ?

Pourquoi cette évolution a-t-elle été possible ? Tout simplement parce que face à un débat limité aux équilibres financiers de court terme, chacun a intégré la nécessité de choix et que le simple bon sens conduit à privilégier la prise en charge des maladies graves au détriment des soins courants.

L’enjeu est aujourd’hui de permettre à chacun de bénéficier des progrès médicaux considérables qui ont marqué ces dernières décennies, d’avoir accès au bon professionnel, au bon traitement, au bon parcours de soins notamment pour éviter les retards de diagnostics synonymes de perte de chance pour les patients.

L’enjeu est d’adapter l’organisation de l’offre de soins et la protection sociale à une médecine efficace plutôt que d’entretenir la nostalgie de la Sécu de 1945

L’enjeu est d’adapter l’organisation de l’offre de soins et la protection sociale à une médecine efficace plutôt que d’entretenir la nostalgie de la Sécu de 1945… qui face à des possibilités thérapeutiques limitées devait se contenter de compenser tant bien que mal les conséquences de la maladie en versant des revenus de remplacement.

Trois sujets devraient être au centre de la campagne présidentielle, ils en sont étrangement absents : l’organisation des parcours de soins, le poids exorbitant de l’hôpital en France, et les nouveaux métiers à imaginer et à développer pour répondre aux enjeux de l’accompagnement au-delà des soins.

Organiser autant que financer

Il peut paraître paradoxal de reléguer les enjeux de financement au même niveau que l’organisation, voire derrière, mais aujourd’hui notre système souffre avant tout d’un manque d’efficience.

L’assurance maladie garde le monopole de la gestion du risque, même l’instauration des agences régionales de santé (ARS) n’a pas permis d’aller vers une réelle décentralisation de la gestion du risque, l’Assurance maladie ayant défendu son territoire avec un soin jaloux.

Pourtant la politique conventionnelle, qui incarne cette gestion du risque, a failli sur ses principaux objectifs.

Qui peut prétendre que la politique de rémunération des professionnels est une réussite alors que l’hétérogénéité demeure toujours aussi forte entre professions, à l’intérieur même des professions selon le secteur conventionnel et que les actes cliniques sont aujourd’hui encore sacrifiés au profit des actes techniques ?

Qui peut prétendre que l’installation des professionnels est un succès devant le développement des déserts médicaux ?

Qui peut prétendre que l’installation des professionnels est un succès devant le développement des déserts médicaux alors que les médecins sont encore aujourd’hui beaucoup plus nombreux qu’il y a quelques années… au moment où l’on parlait d’excédent d’offre ?

Qui peut prétendre que la lutte contre les « restes à charge » est une réussite alors que ceux-ci se multiplient sous l’effet de la déconnexion entre les bases de remboursement et les prix réellement pratiqués, les dépassements de tarifs représentant aujourd’hui environ 15 milliards d’euros au total ?

L’organisation des soins est trop complexe, trop dépendante de l’existant pour se satisfaire d’un modèle unique imposé par l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam) 1ou le ministère de la Santé. L’organisation doit être décidée au plus près du terrain pour articuler la médecine de ville, dont le pilotage incombe à l’Assurance maladie, et l’hôpital qui dépend des services ministériels.

Aujourd’hui, l’absence d’organisation est un facteur de perte de chance pour les patients. Les retards de diagnostic, notre incapacité à organiser les campagnes de dépistage auxquelles échappe une partie importante de la population, souvent la plus fragile, sont à l’origine d’une mortalité évitable.

L’amélioration de l’état de santé de la population passe moins par une évaluation de la qualité des actes individuels que par une amélioration des parcours, de la coordination entre professionnels. Ce n’est qu’ainsi que l’on pourra lutter contre la non-qualité. Tous les candidats déclarent vouloir la combattre, sans préciser comment.

Sortir des situations de rente et des corporatismes

Qu’il s’agisse d’améliorer la couverture vaccinale en la confiant en partie aux pharmaciens, de réduire les délais d’attente chez les ophtalmologues en développant les nouveaux métiers comme celui d’optométriste, d’inventer et de promouvoir de nouveaux métiers pour mieux répondre à des besoins liés au vieillissement, au développement des pathologies chroniques, toutes les initiatives se heurtent au conservatisme des syndicats professionnels et aux défenses corporatistes.

C’est ainsi que notre pays a toujours privilégié les spécialistes au détriment d’autres professions intermédiaires ou des généralistes, les médecins aux autres professions médicales, bref l’intervention la plus lourde au détriment de la mieux adaptée.

Les conséquences sont importantes : sous-utilisation des compétences, donc formations coûteuses mal utilisées, frustration des professionnels qui se sentent souvent déclassés, et prises en charge inadaptées, tout particulièrement pour les personnes âgées.

Il faut passer d’une organisation de l’offre à laquelle s’adaptait tant bien que mal le patient, à une organisation des professionnels autour de ce dernier

Le progrès médical et les formidables avancées techniques requièrent toujours plus de spécialisation mais à côté des actes techniques, le besoin de coordination, d’accompagnement est trop souvent oublié. Il nécessite bien sûr une autre organisation mais aussi et surtout de nouveaux métiers, une nouvelle répartition des tâches, une réelle coordination entre les professionnels.

Il faut passer d’une organisation de l’offre à laquelle s’adaptait tant bien que mal le patient, à une organisation des professionnels autour de ce dernier. C’est une remise en cause profonde du rôle des acteurs actuels, mais le malaise des professionnels de santé qui touche aujourd’hui toutes les professions témoigne de l’urgence d’avancer dans cette voie, non en imposant un modèle unique d’organisation et de répartition des compétences mais en faisant confiance aux acteurs pour expérimenter de nouveaux modes d’organisation et de coopérations professionnelles.

Redonner sa juste place à l’hôpital

L’hôpital occupe une place exorbitante dans l’offre de soins française, toutes les comparaisons internationales le confirment. Pour y remédier, la réponse a toujours été une contrainte budgétaire trop générale sans affichage suffisant de priorités qui se traduisent par l’affectation des moyens nécessaires à certains secteurs sinistrés… et la fermeture d’autres. La répartition quasi immuable des postes de professeurs des hôpitaux s’apparente plus au maintien de rentes qu’à une adaptation aux besoins et aux évolutions épidémiologiques ; elle entretient l’immobilisme…

La liberté d’installation demeure un tabou, du moins pour les candidats qui entretiennent un espoir raisonnable d’être élus

Mais aucun candidat n’ose prendre le risque d’aborder ce sujet. Pas plus d’ailleurs que l’organisation de la médecine de ville en amont et en aval de l’hôpital, sans laquelle toute tentative de réforme de l’hôpital est vaine. Est-il logique de préférer maintenir une structure hospitalière dans les zones dépourvues de médecins plutôt que de prendre les mesures nécessaires à leur installation ? La liberté d’installation demeure un tabou, du moins pour les candidats qui entretiennent un espoir raisonnable d’être élus. Alors qu’un rapport de 2004 du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM), voté y compris par les syndicats médicaux reconnaissait qu’en l’absence de succès des mesures incitatives, il faudrait la remettre en cause.

L’hôpital ne peut plus vivre en étant écartelé entre des soins de haute technicité et son rôle de filet de sécurité pour compenser les défauts d’organisation. (…)

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Du glyphosate retrouvé dans les urines de 30 personnalités d’Emily Loizeau à Charline Vanhoenacker

Du glyphosate retrouvé dans les urines de 30 personnalités d’Emily Loizeau à Charline Vanhoenacker

L’ONG Générations Futures récidive. Après avoir trouvé des perturbateurs endocriniens dans les cheveux de six écologistes dont Nicolas Hulot en février dernier, elle montre ce jeudi 6 avril que des résidus de glyphosate sont présents dans les urines d’un échantillon de 30 personnes.

L’association a fait analyser les urines matinales de personnes des deux sexes, âgées de 8 à 60 ans, habitant en ville ou à la campagne, à l’alimentation variable (biologique ou non, végétarienne ou non).

Parmi elles figurent des personnalités comme l’ex-ministre de l’Ecologie Delphine Batho, la chanteuse Emily Loizeau, l’animatrice de radio Charline Vanhoenacker ou encore l’humoriste Alex Visorek.

Du glyphosate dans 100% des échantillons

« 100 % des échantillons analysés contenaient du glyphosate à une concentration supérieure à la valeur minimale de quantification du test », soit 0,075 ng/ml, indique Générations Futures dans un communiqué.

La concentration moyenne trouvée est de 1,25 ng/ml d’urine, précise-t-elle. La valeur la plus faible est de 0,09 ng/ml, la plus élevée de 2,89 ng/ml. Dans la quasi-totalité des cas (29 sur 30), la concentration est supérieure à la concentration maximale admissible pour un pesticide dans l’eau distribuée (0,1 ng/ml).

Le glyphosate entre dans la composition d’herbicides comme le RoundUp de Monsanto, le plus vendu au monde.

« Malheureusement ces analyses confirment ce que nous craignions après avoir consulté d’autres études réalisées ailleurs en Europe et dans le monde: nous sommes toutes et tous contaminés par le glyphosate », déclare le porte-parole de Générations Futures, cité dans le communiqué.

Cancérogène ou non? Il y a débat

L’association souhaite que « les autorités européennes prennent conscience de l’urgence à agir et interdisent enfin cette molécule considérée comme probablement cancérogène pour l’homme par le Centre International de Recherche sur le Cancer » (CIRC), une branche de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ajoute-t-il.

Le glyphosate a fait l’objet d’une longue bataille autour du renouvellement de sa licence dans l’Union européenne (UE) en 2016. Bruxelles a prolongé temporairement fin juin l’autorisation de la substance, en attendant la publication d’un nouvel avis scientifique au plus tard fin 2017, tout en restreignant ses conditions d’utilisation.

En mars, à la différence du CIRC, les experts de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) ont estimé que le glyphosate ne devait pas être classé comme cancérogène. (…)

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Macron perd sa santé publique

Macron perd sa santé publique

Lors de son déplacement à la Réunion, Emmanuel Macron a vanté les «thérapies alternatives» d’un cancérologue très controversé.

Mais quelle mouche a donc piqué Emmanuel Macron lors de son meeting à la Réunion, samedi 25 mars ? La scène est passée sur le moment inaperçue. A l’occasion de questions du public, et pendant un passage sur le thème de la santé, Emmanuel Macron, alors très détendu, a expliqué «qu’on n’a pas assez développé la prévention, la médecine par les plantes et les thérapies alternatives». Et voilà qu’il poursuit : «J’étais il y a quelques mois en Guadeloupe, où le Pr Joyeux fait un travail remarquable. C’est une manière intelligente d’utiliser la biodiversité.»

Ah bon… Voulait-il montrer par ces propos qu’il n’avait aucun lien avec la riche industrie pharmaceutique ? En tout cas, citer Henri Joyeux est peu banal. Voilà un cancérologue très contesté qui, récemment, a lancé une pétition très alarmiste sur les vaccins, lui valant en première instance une radiation de l’Ordre des médecins. En tout cas, une pétition dénoncée par beaucoup comme «une ineptie en matière de santé publique». Le Dr Olivier Veran, qui est en charge des questions de santé chez Macron, a tout de suite réagi, dans un tweet : «Le combat pour la politique vaccinale est une priorité absolue de santé pub. Aucune proximité avec M. Joyeux et ses thèses.»

A lire aussi : Tribune : 100% des Français dans la salle d’attente des candidats

Ouf… Pour autant comment ne pas oublier un épisode troublant survenu en 2015. Alors qu’il était encore ministre et que l’on débattait de la loi santé publique à l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron a apporté son soutien aux députés qui cherchaient à donner un gros coup de canif à la loi Evin sur la publicité sur l’alcool. Déclarant ainsi : «Ce n’est pas quelque chose qui contrevient aux objectifs de santé publique.» Et ajoutant : «Il faut permettre à certaines régions – et aux emplois qui vont avec en France – de défendre leurs intérêts, de faire la promotion de ce qu’on appelle en effet l’œnotourisme.» «Je ne change pas de position. Je trouve ça assez désastreux», avait réagi vertement la ministre Marisol Touraine, s’appuyant sur les chiffres donnés par Agnès Buzyn, directrice de l’Institut national du cancer : «Une augmentation de 1% des investissements dans les publicités pour l’alcool, c’est 0,15% d’alcool consommé en plus.» (..)

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