Mourir de chaud, un risque pour 30 % de la population mondiale

Mourir de chaud, un risque pour 30 % de la population mondiale

Sans une réduction drastique des gaz à effet de serre, les trois quarts des habitants de la planète seraient exposés à des vagues de chaleur potentiellement mortelles à la fin du siècle.

 

Alors qu’une partie de la France est placée en vigilance orange pour la canicule, une étude se penche sur le risque de « mourir de chaud », au sens propre. Publiée en ligne lundi 19 juin dans la revue Nature Climate Change, elle conclut que ce danger guette aujourd’hui près d’un individu sur trois dans le monde. Une proportion qui pourrait grimper à trois sur quatre à la fin du siècle, si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent à leur rythme actuel.

Pour poser ce diagnostic, une équipe américano-britannique de dix-huit chercheurs, dont la plupart travaillent à l’université de Hawaï, a compilé la littérature scientifique documentant les cas de mortalité supplémentaire associée à des vagues de chaleur, entre 1980 et 2014. Elle en a identifié 783, observés dans 164 villes de 36 pays. Parmi eux figurent la canicule de l’été 2003, à l’origine de 70 000 morts excédentaires en Europe, dont environ 20 000 en France, et près de 5 000 à Paris, celle de 2010, à laquelle sont imputés 55 000 décès supplémentaires en Russie, dont près de 11 000 à Moscou, ou celle qui avait frappé Chicago en juillet 1995, responsable de plus de 700 morts.

Les auteurs ont ensuite croisé ces données avec les paramètres climatiques enregistrés lors de ces épisodes : température de l’air, taux d’humidité relative, ensoleillement, vitesse du vent… Ils en ont déduit que le facteur déterminant, pouvant altérer la capacité de thermorégulation de l’organisme humain et provoquer un état d’hyperthermie, était le couple température-humidité, cette dernière renforçant la chaleur ressentie. Ils ont alors calculé un seuil à partir duquel l’association de ces conditions ambiantes peut devenir fatale.

Les chercheurs n’affirment évidemment pas que le dépassement de ce seuil conduit à un trépas inéluctable, mais simplement qu’il expose à un « coup de chaud » potentiellement mortel. Différentes parades peuvent en effet être mises en œuvre pour éviter une telle extrémité, allant de l’équipement individuel en système de climatisation jusqu’à la politique publique de prévention.

Les tropiques en surchauffe

A l’aune de ce critère, l’équipe a établi qu’en 2000, le seuil fatidique de température et d’humidité a été franchi, pendant au moins vingt jours, sur environ 13 % de la surface continentale de la planète, abritant 30 % de la population mondiale.

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Qu’en sera-t-il demain ? La menace ne va faire que s’amplifier, répondent les auteurs. Son niveau dépendra toutefois de celui des émissions futures de gaz à effet de serre. Dans le scénario le plus optimiste du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui suppose une réduction rapide et drastique de ces émissions et limite ainsi à 1 °C le réchauffement en 2100, la zone de danger concernerait 27 % de la surface du globe et 48 % de la population à la fin de ce siècle. Dans le scénario le plus pessimiste, avec lequel les rejets carbonés conservent une courbe ascendante entraînant un réchauffement moyen de 3,7 °C en 2100, ce sont 47 % du territoire et 74 % des individus qui seraient mis en péril.

Nombre de jours dépassant le seuil de conditions climatiques potentiellement mortelles en 2100, dans un scénario avec une forte réduction des émissions de gaz à effet de serre (à gauche) et dans un scénario où les émissions se poursuivent au rythme actuel (à droite).

Face au risque de surchauffe, tous ne sont cependant pas égaux. Bien que les modèles des climatologues prévoient des hausses de température plus marquées aux latitudes élevées, les régions tropicales seront « exposées de façon disproportionnée à davantage de jours avec des conditions climatiques potentiellement mortelles », prédisent les chercheurs.

La raison en est l’humidité importante qui y prévaut toute l’année, ce qui fera dépasser la cote d’alerte même avec une moindre montée du thermomètre. Partout, en revanche, la menace sera aggravée par le vieillissement de la population et sa concentration croissante dans les zones urbaines, sujettes au phénomène des îlots de chaleur.

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« Prix ultime »

« Le grand intérêt de cette publication est sa dimension globale, estime Robert Vautard, directeur de recherche au CNRS (Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, Institut Pierre-Simon-Laplace), qui n’a pas participé à ce travail. On sait que les vagues de chaleur tuent, mais c’est la première fois qu’une étude dépasse les analyses locales, en s’appuyant sur une bibliographie très large et une méthode statistique à la fois précise et innovante. »

Sans doute ces résultats reposent-ils sur des modélisations. Les auteurs en pointent eux-mêmes certaines limites : les données ont été collectées sur une période relativement courte (trois décennies) et ne sont peut-être pas exhaustives, les incertitudes sont plus grandes pour les hautes latitudes et, surtout, de multiples facteurs (démographique, socioéconomique, urbanistique…) peuvent influencer la vulnérabilité future des populations.

C’est précisément sur l’importance des politiques d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à ses conséquences que les chercheurs mettent l’accent. (..)

 

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Du glyphosate retrouvé dans les urines de 30 personnalités d’Emily Loizeau à Charline Vanhoenacker

Du glyphosate retrouvé dans les urines de 30 personnalités d’Emily Loizeau à Charline Vanhoenacker

L’ONG Générations Futures récidive. Après avoir trouvé des perturbateurs endocriniens dans les cheveux de six écologistes dont Nicolas Hulot en février dernier, elle montre ce jeudi 6 avril que des résidus de glyphosate sont présents dans les urines d’un échantillon de 30 personnes.

L’association a fait analyser les urines matinales de personnes des deux sexes, âgées de 8 à 60 ans, habitant en ville ou à la campagne, à l’alimentation variable (biologique ou non, végétarienne ou non).

Parmi elles figurent des personnalités comme l’ex-ministre de l’Ecologie Delphine Batho, la chanteuse Emily Loizeau, l’animatrice de radio Charline Vanhoenacker ou encore l’humoriste Alex Visorek.

Du glyphosate dans 100% des échantillons

« 100 % des échantillons analysés contenaient du glyphosate à une concentration supérieure à la valeur minimale de quantification du test », soit 0,075 ng/ml, indique Générations Futures dans un communiqué.

La concentration moyenne trouvée est de 1,25 ng/ml d’urine, précise-t-elle. La valeur la plus faible est de 0,09 ng/ml, la plus élevée de 2,89 ng/ml. Dans la quasi-totalité des cas (29 sur 30), la concentration est supérieure à la concentration maximale admissible pour un pesticide dans l’eau distribuée (0,1 ng/ml).

Le glyphosate entre dans la composition d’herbicides comme le RoundUp de Monsanto, le plus vendu au monde.

« Malheureusement ces analyses confirment ce que nous craignions après avoir consulté d’autres études réalisées ailleurs en Europe et dans le monde: nous sommes toutes et tous contaminés par le glyphosate », déclare le porte-parole de Générations Futures, cité dans le communiqué.

Cancérogène ou non? Il y a débat

L’association souhaite que « les autorités européennes prennent conscience de l’urgence à agir et interdisent enfin cette molécule considérée comme probablement cancérogène pour l’homme par le Centre International de Recherche sur le Cancer » (CIRC), une branche de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ajoute-t-il.

Le glyphosate a fait l’objet d’une longue bataille autour du renouvellement de sa licence dans l’Union européenne (UE) en 2016. Bruxelles a prolongé temporairement fin juin l’autorisation de la substance, en attendant la publication d’un nouvel avis scientifique au plus tard fin 2017, tout en restreignant ses conditions d’utilisation.

En mars, à la différence du CIRC, les experts de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) ont estimé que le glyphosate ne devait pas être classé comme cancérogène. (…)

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L’environnement dégradé tue 1,7 million d’enfants chaque année

L’environnement dégradé tue 1,7 million d’enfants chaque année

Pollution des foyers et de l’atmosphère, tabagisme passif, consommation d’eau non potable, et manque d’installations sanitaires et d’hygiène sont responsables chaque année de la mort de 1,7 million d’enfants de moins de 5 ans. C’est l’accablant constat réalisé par deux rapports de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rendus publics lundi 6 mars.

Ces documents, respectivement intitulés « Un monde durable en héritage : Atlas de la santé infantile et de l’environnement » et « Ne polluez pas mon avenir ! : l’impact environnemental sur la santé infantile », accusent notre environnement dégradé, voire insalubre, d’être à l’origine du décès de plus d’un enfant de moins de cinq ans sur quatre dans le monde.

Ils précisent que 26 % des 5,9 millions de décès d’enfants de moins de 5 ans recensés en 2015 auraient pu être évités par la prise en compte et le traitement des risques environnementaux sur une planète dont 10 % des habitants n’ont pas accès à l’eau potable, et dont un tiers est privé d’infrastructures sanitaires.

« Un monde durable en héritage : Atlas de la santé infantile et de l’environnement », la première analyse, confirme que les causes les plus fréquentes de décès chez les enfants âgés de un mois à cinq ans – diarrhées, paludisme et pneumonie – pourraient être drastiquement réduites par un accès plus équitable à l’eau potable et aux combustibles propres. Elle fait suite à une étude publiée en 2004 sous le même intitulé, mais affiche l’ambition d’être davantage qu’une mise à jour.

Dangers environnementaux émergents

Au-delà des dangers « traditionnels » – pollution de l’atmosphère, de l’eau, manque de sanitaires ou maladies transmises par vecteur comme le paludisme – identifiés de longue date dans les régions en développement, elle s’attaque aux dangers environnementaux « émergents », de plus en plus préoccupants, liés à l’activité industrielle planétaire tels que l’exposition aux polluants, aux déchets électriques et électroniques, ainsi qu’au changement climatique…

Elle note que la toxicité des produits chimiques d’usage courant n’est pas toujours comprise et que leur réglementation est parfois sommaire suivant les pays. Elle relève aussi que les produits chimiques issus des pesticides, des matières plastiques ou autres produits manufacturés (arsenic, fluor, plomb, mercure, PBDE, PCB…) se retrouvent inévitablement dans la chaîne alimentaire.

Elle souligne enfin la présence alarmante de perturbateurs endocriniens dans les aliments à cause de la composition de certains emballages : un phénomène lié à la multiplication de troubles hépatiques, thyroïdiens et neuro-développementaux sérieux chez les enfants.

Pollution mortelle

Pour enrayer ces dangers, « Un monde durable en héritage » suggère pour cadre de travail les dix-sept « Objectifs pour le développement durable » (ODD) définis en janvier 2016 par le Programme des nations unies pour le développement (PNUD) : un appel mondial aux citoyens, à la société civile, aux entreprises privées et aux gouvernements à travailler de concert pour « éradiquer la pauvreté en s’attaquant à ses causes, protéger la planète et améliorer la vie des populations ».

Ces « objectifs » ciblent les domaines de l’alimentation, de l’égalité, de l’accès à l’eau et aux installations sanitaires, de l’énergie, de la pollution atmosphérique, du changement climatique ou de l’exposition aux produits chimiques. (…)

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UN experts denounce ‘myth’ pesticides are necessary to feed the world

UN experts denounce ‘myth’ pesticides are necessary to feed the world

The idea that pesticides are essential to feed a fast-growing global population is a myth, according to UN food and pollution experts.

A new report, being presented to the UN human rights council on Wednesday, is severely critical of the global corporations that manufacture pesticides, accusing them of the “systematic denial of harms”, “aggressive, unethical marketing tactics” and heavy lobbying of governments which has “obstructed reforms and paralysed global pesticide restrictions”.

The report says pesticides have “catastrophic impacts on the environment, human health and society as a whole”, including an estimated 200,000 deaths a year from acute poisoning. Its authors said: “It is time to create a global process to transition toward safer and healthier food and agricultural production.”

The world’s population is set to grow from 7 billion today to 9 billion in 2050. The pesticide industry argues that its products – a market worth about $50bn (£41bn) a year and growing – are vital in protecting crops and ensuring sufficient food supplies.

“It is a myth,” said Hilal Elver, the UN’s special rapporteur on the right to food. “Using more pesticides is nothing to do with getting rid of hunger. According to the UN Food and Agriculture Organisation (FAO), we are able to feed 9 billion people today. Production is definitely increasing, but the problem is poverty, inequality and distribution.”

Elver said many of the pesticides are used on commodity crops, such as palm oil and soy, not the food needed by the world’s hungry people: “The corporations are not dealing with world hunger, they are dealing with more agricultural activity on large scales.”

The new report, which is co-authored by Baskut Tuncak, the UN’s special rapporteur on toxics, said: “While scientific research confirms the adverse effects of pesticides, proving a definitive link between exposure and human diseases or conditions or harm to the ecosystem presents a considerable challenge. This challenge has been exacerbated by a systematic denial, fuelled by the pesticide and agro-industry, of the magnitude of the damage inflicted by these chemicals, and aggressive, unethical marketing tactics.”

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« L’histoire qui se trame autour de Monsanto a tous les ingrédients d’un scénario à la Erin Brockovich »

« L’histoire qui se trame autour de Monsanto a tous les ingrédients d’un scénario à la Erin Brockovich »

Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au service Planète, explique comment une toxicologue de l’Agence américaine de protection de l’environnement a expliqué dès 2013 qu’il est « fondamentalement certain que le glyphosate est cancérogène »

Une multinationale, une scientifique muselée par sa hiérarchie, une class action conduite par des avocats rusés et enfin la découverte d’une pièce à conviction explosive… L’histoire qui se trame depuis quelques mois en Californie a tous les ingrédients d’un scénario à la Erin Brockovich, le film de Steven Soderbergh nommé cinq fois aux Oscars en 2001, dont le prix de la meilleure actrice pour Julia Roberts.

L’affaire ne commence pas dans les prétoires américains, mais au Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) – l’agence des Nations unies chargée d’inventorier les substances cancérogènes.

En mars 2015, les experts réunis par le CIRC classent le glyphosate (le principe actif de l’herbicide Roundup) comme « cancérogène probable » pour l’homme. Ils estiment le produit mutagène, cancérogène pour l’animal, et citent plusieurs études épidémiologiques suggérant un lien entre le lymphome non hodgkinien (un cancer du sang) et le produit phare de Monsanto – qui est aussi la pierre angulaire de son modèle économique (la vente liée du pesticide et des cultures transgéniques qui le tolèrent).

La firme de Saint-Louis (Missouri) proteste, mais le mal est fait. Aux Etats-Unis, plusieurs actions en justice, individuelles ou collectives, voient le jour. L’une d’elles, plaidée devant la cour fédérale de San Francisco (Californie), rassemble plusieurs centaines d’employés agricoles et de fermiers touchés par un lymphome après avoir travaillé au contact de l’herbicide.

Lire aussi :   Aux Etats-Unis, l’Etat de Washington porte plainte contre Monsanto

Bien sûr, les avocats de Monsanto ne se laissent pas intimider. Fin avril 2016, par une coïncidence extraordinaire, le brouillon d’une expertise de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) – lancée en 2009 – est mis en ligne par erreur. Les toxicologues de l’agence, réunis au sein du Cancer Assessment Review Committee (CARC), y estiment que le glyphosate est improbablement cancérogène. Les avocats de la firme de Saint-Louis en font leur miel, même si le rapport, provisoire, est rapidement ôté du site de l’EPA.

« Ce n’est pas éthique »

Hasard des acronymes : d’un côté le CIRC, de l’autre le CARC. Deux groupes d’experts, deux avis opposés. Les avocats des plaignants se sont donc demandé par quelle étrangeté des experts pouvaient soutenir des opinions aussi divergentes.

Cherchant une réponse à cette question, ils ont déniché une pièce à conviction redoutable. C’est un courriel daté du 21 mars 2013 et adressé par Marion Copley, une toxicologue galonnée de l’EPA, à l’un de ses supérieurs, qui supervise le CARC. La missive est terrible. Marion Copley écrit avoir, sur la foi de « décennies d’expertise en pathologie », « des commentaires qui pourraient être très utiles au CARC ».

Le glyphosate ? La chercheuse énumère quatorze mécanismes d’action par lesquels la substance, dit-elle, peut initier ou promouvoir la formation de tumeurs. « Non seulement chacun de ces mécanismes est à lui seul capable de provoquer une tumeur, mais le glyphosate les enclenche tous de façon simultanée, ajoute Marion Copley. Il est fondamentalement certain que le glyphosate est cancérogène. » La scientifique, qui travaille depuis près de trente ans à l’EPA, écrit ces mots deux ans avant l’expertise du CIRC et alors que celle du CARC est entamée depuis plus de trois ans.

Bien mal entamée, selon elle. Le propos se durcit. « Jess [c’est le prénom du destinataire], nous nous sommes toi et moi disputés de nombreuses fois à propos du CARC et tu me contredis souvent sur des sujets hors de ta compétence, ce qui n’est pas éthique, ajoute-t-elle, de plus en plus amère. Ta maîtrise obtenue en 1971 au Nebraska est complètement obsolète, en vertu de quoi la science du CARC a dix ans de retard sur la littérature scientifique. »

Les accusations vont crescendo : « Pour une fois, écoute-moi et arrête tes connivences et tes jeux politiques avec la science pour favoriser les industriels, écrit-elle. Pour une fois, fais ce qu’il y a à faire, et ne prends pas tes décisions en fonction de la manière dont elles vont affecter ton bonus. »

Ce n’est pas tout. Marion Copley accuse aussi le destinataire d’avoir « intimidé les experts du CARC » et d’avoir « modifié » deux autres rapports après leur finalisation, « pour favoriser l’industrie ». Deux autres scientifiques de l’EPA sont mis en cause nommément… La lettre de Marion Copley pourrait peser très lourd. Non seulement sur l’issue de la procédure, mais sur l’avenir même du glyphosate : celui-ci est toujours en cours de réévaluation, aux Etats-Unis et en Europe. Le courriel de Marion Copley pourrait bien être à Monsanto ce que le cancer est aux humains. (…)

 

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Près de 400 produits cosmétiques dangereux recensés par l’UFC-Que choisir

Près de 400 produits cosmétiques dangereux recensés par l’UFC-Que choisir

L’association de défense des consommateurs publie ce mardi la liste des substances nocives qu’elle a trouvées dans les shampooings, dentifrices, crèmes, lait corporels ou encore lingettes intimes utilisés au quotidien.

Des ingrédients indésirables se cachent dans des centaines de produits cosmétiques utilisés tous les jours. L’UFC-Que Choisir fait état de perturbateurs endocriniens dans des déodorants ou encore d’allergènes dans des shampooings. L’association de défense des consommateurs publie ce mardi une liste de onze substances indésirables trouvées dans 400 produits du quotidien – une étude qu’elle réalise chaque année.

Le public doit être particulièrement attentif aux perturbateurs endocriniens BHA et BHT, agent antioxydant observé notamment dans des déodorants Adidas, Dove et Rexona et dans les BB crème Garnier. L’allergène MIT (methylisothiazolinone) est aussi pointé du doigt par l’UFC-Que Choisir. Il se retrouve dans de nombreux produits : des shampooings Head&Shoulders et L’Oréal, des lingettes d’hygiène intime Intima, des gels douche Klorane et L’Occitane de Provence…

Le sodium lauryl sulfate, lui aussi considéré comme un ingrédient nocif, se retrouve pourtant dans plusieurs dentifrices de marques différentes (Biocaril, Carrefour, Audchan, Colgate, Fluocaril, Signal), des shampooings (Head&Shoulders, L’Oréal Elseve) et des gels douche (Le Petit Marseillais). La liste complète des produits dans lesquels l’association de défense des consommateurs a repéré un ou des ingrédients indésirables se trouve sur son site Internet .

Le Protectyl d’Yves Rocher à bannir

L’UFC-Que choisir met particulièrement en avant les « cumulards ». Activilong propose par exemple un Spray magique junior ultralissant pour cheveux qui comporte trois perturbateurs endocriniens (ethylhexyl methoxycinnamate, cyclopentasiloxane et BHT).

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Le gel purifiant Eau précieuse, a priori particulièrement adapté aux adolescents, contient pas moins de trois perturbateurs endocriniens et un allergène majeur, la MIT, écrit l’association. Idem pour le gel douche nourrissant sans savon de Klorane. »Le spray solaire Protectyl d’Yves Rocher contient, lui, quatre perturbateurs endocriniens, un record », selon l’UFC.

« Les composants font l’objet d’inquiétude des experts qui ont demandé leur restriction, voire leur interdiction. Nous pressons les pouvoirs publics de faire évoluer la législation », indique Olivier Andrault, chargé de mission à l’UFC-Que Choisir, au « Parisien ». En attendant, « il faut que les clients regardent la liste des composants du produit qu’ils s’apprêtent à acheter », conseille l’association, qui publie une carte-repère des molécules toxiques dans les cosmétiques à imprimer et garder sur soi.

Source : Près de 400 produits cosmétiques dangereux recensés par l’UFC-Que choisir, Conso – Distribution Les Echos

Des traces d’iode radioactif détectées dans l’air ambiant en Europe

Des traces d’iode radioactif détectées dans l’air ambiant en Europe

La présence de ce radioélement a été mesurée, en janvier, dans plusieurs pays dont la France, à des niveaux sans risque pour la santé.

« De l’iode 131, radionucléide d’origine artificielle, a été détecté, courant janvier 2017, à l’état de traces dans l’air au niveau du sol en Europe. » L’annonce, faite le 13 février, dans un communiqué, par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) français, n’a guère fait de bruit. Sans doute parce que les niveaux mesurés sont « sans aucune conséquence sanitaire ». Il n’en reste pas moins que cette contamination, même très faible, reste un événement rare dont la cause n’a pas encore été élucidée.

Les données recueillies proviennent d’un réseau européen d’experts, Ring of Five, qui compte un peu plus d’une centaine de stations de mesures et auquel l’IRSN participe. Le premier signalement de la présence d’iode radioactif a été fait au cours de la deuxième semaine de janvier, dans l’extrême nord de la Norvège. Dans les semaines suivantes, jusqu’à la fin du mois de janvier, ce radioélément a aussi été décelé dans l’air ambiant en Finlande, en Pologne, en République tchèque, en Allemagne, en France et en Espagne.

Les teneurs mesurées dans les filtres à air des stations de collecte d’aérosols sont infimes, de l’ordre de quelques microbecquerels par mètre cube d’air (µBq/m3). Les plus élevées ont été décelées en Pologne près de Varsovie (5,9 µBq/m3), les autres valeurs s’étageant entre 0,1 et 1,3 µBq/m3. En France, les analyses faites dans trois stations du réseau Opera-Air de l’IRSN, dans l’Essonne, en Côte-d’Or et dans le Puy de Dôme, révèlent des concentrations comprises entre 0,1 et 0,31 µBq/m3.

« Teneurs anecdotiques »

L’institut français précise que ces mesures ne portent que sur « la fraction particulaire de l’iode », qui se fixe sur les aérosols et peut être ainsi piégée dans les filtres, et non pas sur la fraction gazeuse, qui est « 3 à 5 fois » plus importante mais qui est plus difficile à détecter. Au total, gaz et aérosols confondus, le niveau mesuré en France est donc estimé « au plus à 1,5 µBq/m».

« D’un point de vue sanitaire, ces teneurs sont anecdotiques », précise au Monde Jérôme Joly, directeur général adjoint de l’IRSN chargé de la radioprotection. A titre de comparaison, elles sont de l’ordre du millième de celles relevées en France après l’accident de Fukushima du 11 mars 2011. Et du millionième de celles que l’on trouvait dans le « nuage » radioactif de Tchernobyl qui avait traversé l’Hexagone entre le 30 avril et le 5 mai 1986.

Mais d’où vient ce radionucléide voyageur ? L’iode 131 est un radioélément artificiel, dont la présence peut avoir plusieurs origines, accidentelles ou non. Il est notamment produit par la réaction de fission dans les réacteurs nucléaires, mais aussi, à des fins médicales de diagnostic par imagerie ou de radiothérapie, dans des centres spécialisés.

La source « reste à identifier »

« Des mesures effectuées dans l’est de l’Europe montrent que l’on a pas trouvé trace d’autres produits de fission, comme du césium radioactif, qui auraient été présents eux aussi dans l’air dans le cas d’un rejet accidentel provenant d’un réacteur nucléaire, déclare M. Joly. L’hypothèse la plus probable est que la source soit une usine de production de radioéléments à usage radiopharmaceutique ou radiothérapeutique. » Cette source, ajoute-t-il, « se trouve vraisemblablement en Europe de l’Est, mais elle reste à identifier ».

Pour la localiser, les experts doivent procéder à des calculs de « rétrotrajectoires », en retraçant les mouvements des masses d’air. Un élément est en tout cas acquis : le rejet d’iode 131, dont on ne sait pas pour l’instant s’il a été ponctuel ou s’il s’est étalé sur une période de temps plus importante, est relativement récent. En effet, ce radioélément a une vie courte : sa période est d’environ huit jours, ce qui signifie que sa radioactivité décroit de moitié tous les huit jours et qu’il a totalement disparu au bout de quatre-vingts jours.

Une autre possibilité existe. « De nombreuses installations en Europe et dans les pays voisins sont autorisées à rejeter de l’iode 131 dans l’atmosphère, rappelle la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), dans un communiqué daté du 14 février. Il s’agit par exemple des installations liées à la production d’électricité d’origine nucléaire (centrales électronucléaires, usines de retraitement, etc.), mais aussi des installations liées à l’utilisation d’iode 131 dans le domaine médical (réacteurs de production d’isotopes, services de médecine nucléaire, incinérateurs de déchets divers, etc.). » (..)

 

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