Du glyphosate retrouvé dans les urines de 30 personnalités d’Emily Loizeau à Charline Vanhoenacker

Du glyphosate retrouvé dans les urines de 30 personnalités d’Emily Loizeau à Charline Vanhoenacker

L’ONG Générations Futures récidive. Après avoir trouvé des perturbateurs endocriniens dans les cheveux de six écologistes dont Nicolas Hulot en février dernier, elle montre ce jeudi 6 avril que des résidus de glyphosate sont présents dans les urines d’un échantillon de 30 personnes.

L’association a fait analyser les urines matinales de personnes des deux sexes, âgées de 8 à 60 ans, habitant en ville ou à la campagne, à l’alimentation variable (biologique ou non, végétarienne ou non).

Parmi elles figurent des personnalités comme l’ex-ministre de l’Ecologie Delphine Batho, la chanteuse Emily Loizeau, l’animatrice de radio Charline Vanhoenacker ou encore l’humoriste Alex Visorek.

Du glyphosate dans 100% des échantillons

« 100 % des échantillons analysés contenaient du glyphosate à une concentration supérieure à la valeur minimale de quantification du test », soit 0,075 ng/ml, indique Générations Futures dans un communiqué.

La concentration moyenne trouvée est de 1,25 ng/ml d’urine, précise-t-elle. La valeur la plus faible est de 0,09 ng/ml, la plus élevée de 2,89 ng/ml. Dans la quasi-totalité des cas (29 sur 30), la concentration est supérieure à la concentration maximale admissible pour un pesticide dans l’eau distribuée (0,1 ng/ml).

Le glyphosate entre dans la composition d’herbicides comme le RoundUp de Monsanto, le plus vendu au monde.

« Malheureusement ces analyses confirment ce que nous craignions après avoir consulté d’autres études réalisées ailleurs en Europe et dans le monde: nous sommes toutes et tous contaminés par le glyphosate », déclare le porte-parole de Générations Futures, cité dans le communiqué.

Cancérogène ou non? Il y a débat

L’association souhaite que « les autorités européennes prennent conscience de l’urgence à agir et interdisent enfin cette molécule considérée comme probablement cancérogène pour l’homme par le Centre International de Recherche sur le Cancer » (CIRC), une branche de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ajoute-t-il.

Le glyphosate a fait l’objet d’une longue bataille autour du renouvellement de sa licence dans l’Union européenne (UE) en 2016. Bruxelles a prolongé temporairement fin juin l’autorisation de la substance, en attendant la publication d’un nouvel avis scientifique au plus tard fin 2017, tout en restreignant ses conditions d’utilisation.

En mars, à la différence du CIRC, les experts de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) ont estimé que le glyphosate ne devait pas être classé comme cancérogène. (…)

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Macron perd sa santé publique

Macron perd sa santé publique

Lors de son déplacement à la Réunion, Emmanuel Macron a vanté les «thérapies alternatives» d’un cancérologue très controversé.

Mais quelle mouche a donc piqué Emmanuel Macron lors de son meeting à la Réunion, samedi 25 mars ? La scène est passée sur le moment inaperçue. A l’occasion de questions du public, et pendant un passage sur le thème de la santé, Emmanuel Macron, alors très détendu, a expliqué «qu’on n’a pas assez développé la prévention, la médecine par les plantes et les thérapies alternatives». Et voilà qu’il poursuit : «J’étais il y a quelques mois en Guadeloupe, où le Pr Joyeux fait un travail remarquable. C’est une manière intelligente d’utiliser la biodiversité.»

Ah bon… Voulait-il montrer par ces propos qu’il n’avait aucun lien avec la riche industrie pharmaceutique ? En tout cas, citer Henri Joyeux est peu banal. Voilà un cancérologue très contesté qui, récemment, a lancé une pétition très alarmiste sur les vaccins, lui valant en première instance une radiation de l’Ordre des médecins. En tout cas, une pétition dénoncée par beaucoup comme «une ineptie en matière de santé publique». Le Dr Olivier Veran, qui est en charge des questions de santé chez Macron, a tout de suite réagi, dans un tweet : «Le combat pour la politique vaccinale est une priorité absolue de santé pub. Aucune proximité avec M. Joyeux et ses thèses.»

A lire aussi : Tribune : 100% des Français dans la salle d’attente des candidats

Ouf… Pour autant comment ne pas oublier un épisode troublant survenu en 2015. Alors qu’il était encore ministre et que l’on débattait de la loi santé publique à l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron a apporté son soutien aux députés qui cherchaient à donner un gros coup de canif à la loi Evin sur la publicité sur l’alcool. Déclarant ainsi : «Ce n’est pas quelque chose qui contrevient aux objectifs de santé publique.» Et ajoutant : «Il faut permettre à certaines régions – et aux emplois qui vont avec en France – de défendre leurs intérêts, de faire la promotion de ce qu’on appelle en effet l’œnotourisme.» «Je ne change pas de position. Je trouve ça assez désastreux», avait réagi vertement la ministre Marisol Touraine, s’appuyant sur les chiffres donnés par Agnès Buzyn, directrice de l’Institut national du cancer : «Une augmentation de 1% des investissements dans les publicités pour l’alcool, c’est 0,15% d’alcool consommé en plus.» (..)

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Que cachent réellement nos fatigues ? 

Que cachent réellement nos fatigues ? 

Derrière le sentiment de lassitude et le manque d’énergie, différentes causes psychologiques sont à déceler. L’ado: «J’ai la flemme» ; la jeune mère: «Je suis débordée» ; le fumeur en sevrage: «Je traîne les pieds»… À chacun sa manière de la dire, sa fatigue. Mais, d’ailleurs, peut-il n’y avoir qu’une seule fatigue? On peut en douter et appréhender plutôt cette notion comme un concept élastique en quelque sorte, au point que des chercheurs viennent de lui consacrer un remarquable dictionnaire qui dévoile les formes multiples de la fatigue Un ensemble au fond très revigorant à une époque où l’on cherche systématiquement à évincer tout sentiment de lassitude et d’asthénie.

Bien sûr, il y a, opposée à la «bonne fatigue» qui naît d’un effort soutenu et identifié, le syndrome de fatigue chronique (syndrome d’intolérance systémique à l’effort) qui, pour être identifié, doit comporter au moins les trois symptômes suivants: fatigue perdurant depuis au moins six mois, intense, nouvelle ou d’un début défini, ne résultant pas d’un effort excessif continu et non améliorée par le repos, avec réduction du niveau des activités personnelles, professionnelles ou sociales auparavant réalisées ; malaise post-effort ; sommeil non réparateur ; et au moins une des deux manifestations suivantes: altération cognitive, incapacité à rester debout  (critères définis par l’IOM (Institute of Medicine of the National Academies).

«Les troubles du sommeil sont la première cause de fatigue diurne»

Dr Alain Autret, neurologue

Aux médecins, qui sont les premiers à recevoir les 1 % à 3 % de personnes consultant spécialement pour ce problème, de déceler quelle cause physique est ici en question: «Nous cherchons d’abord à savoir si un événement particulier a généré un effort, explique le Dr Alain Autret, neurologue, qui vient de publier Les Maladies dites “imaginaires” (Éd. Albin Michel). Puis nous nous demandons si la personne ne souffre pas d’insomnie ou d’hypersomnie, car les troubles du sommeil sont la première cause de fatigue diurne. Nous investiguons ensuite du côté des dérèglements endocriniens, de la thyroïde, des pathologies neurologiques ou neuromusculaires… Si rien de cela ne s’est confirmé, nous prospectons du côté de la dépression. Mais il faut alors que la fatigue soit associée à d’autres symptômes comme le retrait social, la tristesse, la procrastination, le désinvestissement affectif…»

La fatigue seule reste donc difficile à appréhender. Peut-être pour mieux la cerner faut-il se référer à son antagoniste, l’énergie, aussi indéfinissable puisque se situant elle aussi à la frontière du physique et du psychique. Pour les professionnels de la psyché, elle est cette fameuse «libido» dont Freud voyait essentiellement l’origine sexuelle, une énergie vitale qui, lorsqu’elle est refoulée, entrave notre existence. Pour son disciple Jung – avec qui il y eut d’ailleurs conflit autour de cette question majeure -, la «libido» était bien plus, comme l’explique la psychanalyste Viviane Thibaudier, auteure de 100 % Jung (Eyrolles): «C’est l’énergie qui se manifeste dans le processus de la vie et que l’on perçoit subjectivement sous forme d’aspirations et de désirs.»

Une fatigue inexplicable peut signifier des conflits psychiques irrésolus

Elle s’incarne ainsi dans l’envie de créer, de construire sa vie, de travailler… Et elle offrait à Jung une grille de lecture pour mieux comprendre les névroses de ses patients. «La vie entière est un problème d’énergie selon lui, et même avant qu’il ne s’inspire de la philosophie chinoise, Jung en a eu l’intuition, souligne Viviane Thibaudier. Ainsi, l’équilibre naît d’une tension acceptable entre des contraires. S’il y a trop d’énergie d’un côté (la carrière par exemple), cela opère forcément aux détriments d’un autre (la vie affective). De même pour les types psychologiques qui caractérisent chacun d’entre nous: si toute mon existence fonctionne sur la dimension “pensée”, alors il y a manque dans la dimension “sentiment”.» Bien distribuer son énergie pour être heureux? La proposition reste d’actualité.

Ainsi, une fatigue inexplicable peut signifier des conflits psychiques irrésolus: la personne est comme prise dans l’impasse de son perfectionnisme ou de son obéissance aux normes. Ou bien, après un traumatisme ou un deuil, elle reste «sur place ». Ou bien elle est sous l’emprise d’un parent, d’un conjoint, d’un collègue… Ou bien elle porte les fardeaux des autres, «en fait trop». Ainsi se retrouve-t-elle vidée de toute énergie alors même que son hygiène de vie semble bonne. (…)

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La santé, un enjeu majeur pour le vote des Français

La santé, un enjeu majeur pour le vote des Français

Selon un sondage, les Français jugent qu’il faut inciter les médecins à s’installer dans les déserts médicaux  et responsabiliser tous les acteurs pour réduire le déficit de la Sécurité sociale.

Que les candidats à la présidentielle se le disent: à deux mois du scrutin, la santé est un enjeu important pour les Français, selon la 7e vague du Baromètre santé réalisé par Odoxa pour Le Figaro Santé, France Inter, Orange Healthcare et la MNH. Au point que cela pourrait influencer le vote de 77 % des sondés.

Notre système de santé est un trésor qu’il faut préserver, selon une majorité des 1001 Français interrogés (échantillon représentatif de la population adulte): 78 % d’entre eux jugent que leur système de santé est le meilleur en Europe. Les médecins (428 interrogés) et les directeurs d’hôpitaux (190) ont la dent un peu plus dure: ils sont 69 % et 68 % respectivement à juger que le système de santé français est le meilleur.

Le satisfecit de la population est cependant à relativiser: les résultats obtenus auprès de 3046 personnes interrogées en France, Grande-Bretagne, Espagne, Allemagne et Italie montrent que chaque population a tendance à penser que le système de son pays est le meilleur, à l’exception notable des Italiens, qui accordent une légère préférence au système allemand.

L’hôpital recueille un plébiscite: 86 % des Français ayant fréquenté (pour eux ou un proche) un établissement de santé dans les deux dernières années sont satisfaits ou très satisfaits de la relation tissée avec l’hôpital. Là encore, les médecins sont moins optimistes, estimant en moyenne que 66% des patients ont été satisfaits. Les directeurs d’hôpitaux mettent la barre un peu plus haut, fixant à 76% le taux de patients satisfaits. Seuls 38 % des premiers, mais 67 % des seconds, estiment correctement la part des patients satisfaits.

Les obstacles rencontrés dans le parcours de soins sont principalement la difficulté à obtenir un rendez-vous avec un spécialiste (difficile pour 58 % des Français et 54% des Européens), suivi de près par le fait de devoir payer des dépenses de santé non couvertes par la Sécurité sociale ou une assurance santé (40%). Obtenir un rendez-vous avec un généraliste (20 % des Français et 28 % des Européens) et se rendre à l’hôpital (17% et 25%) semblent moins compliqués. Sauf pour les Italiens et les Britanniques, qui expriment des difficultés importantes pour les quatre items.

Parmi les causes des difficultés d’accès aux soins: les fameux «déserts médicaux». 86 % des Français jugent que les règles de répartition des médecins sur le territoire ne prennent pas assez en compte les besoins des patients. Un sujet sur lequel tout le monde semble d’accord: 83% des médecins interrogés ont la même opinion et… 96% des directeurs d’hôpitaux! L’écart se creuse en revanche quant à l’opportunité d’une intervention des pouvoirs publics: si 81% des Français et 87% des directeurs d’hôpitaux pensent que les autorités devraient davantage réguler la répartition des médecins, ces derniers disent non à 56%. Sur la façon de procéder, ce sont les directeurs d’hôpitaux qui se distinguent: ils privilégient la limitation de l’installation dans les zones où il y a déjà assez de médecins (56%), tandis que les Français (46%) et les médecins (48%) estiment que la principale mesure à adopter serait d’accorder des avantages aux médecins s’installant dans des zones sous-dotées. Sans surprise, les médecins seraient davantage prêts à s’installer dans une petite ville de province (64%) ou la banlieue pavillonnaire d’une grande ville (52%), plus qu’en zone rurale (39%) ou dans une cité populaire de banlieue (22%). Cependant, près de la moitié des médecins (46%) pourraient se laisser convaincre par des mesures incitatives d’aller en zone rurale ou en banlieue.

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L’environnement dégradé tue 1,7 million d’enfants chaque année

L’environnement dégradé tue 1,7 million d’enfants chaque année

Pollution des foyers et de l’atmosphère, tabagisme passif, consommation d’eau non potable, et manque d’installations sanitaires et d’hygiène sont responsables chaque année de la mort de 1,7 million d’enfants de moins de 5 ans. C’est l’accablant constat réalisé par deux rapports de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rendus publics lundi 6 mars.

Ces documents, respectivement intitulés « Un monde durable en héritage : Atlas de la santé infantile et de l’environnement » et « Ne polluez pas mon avenir ! : l’impact environnemental sur la santé infantile », accusent notre environnement dégradé, voire insalubre, d’être à l’origine du décès de plus d’un enfant de moins de cinq ans sur quatre dans le monde.

Ils précisent que 26 % des 5,9 millions de décès d’enfants de moins de 5 ans recensés en 2015 auraient pu être évités par la prise en compte et le traitement des risques environnementaux sur une planète dont 10 % des habitants n’ont pas accès à l’eau potable, et dont un tiers est privé d’infrastructures sanitaires.

« Un monde durable en héritage : Atlas de la santé infantile et de l’environnement », la première analyse, confirme que les causes les plus fréquentes de décès chez les enfants âgés de un mois à cinq ans – diarrhées, paludisme et pneumonie – pourraient être drastiquement réduites par un accès plus équitable à l’eau potable et aux combustibles propres. Elle fait suite à une étude publiée en 2004 sous le même intitulé, mais affiche l’ambition d’être davantage qu’une mise à jour.

Dangers environnementaux émergents

Au-delà des dangers « traditionnels » – pollution de l’atmosphère, de l’eau, manque de sanitaires ou maladies transmises par vecteur comme le paludisme – identifiés de longue date dans les régions en développement, elle s’attaque aux dangers environnementaux « émergents », de plus en plus préoccupants, liés à l’activité industrielle planétaire tels que l’exposition aux polluants, aux déchets électriques et électroniques, ainsi qu’au changement climatique…

Elle note que la toxicité des produits chimiques d’usage courant n’est pas toujours comprise et que leur réglementation est parfois sommaire suivant les pays. Elle relève aussi que les produits chimiques issus des pesticides, des matières plastiques ou autres produits manufacturés (arsenic, fluor, plomb, mercure, PBDE, PCB…) se retrouvent inévitablement dans la chaîne alimentaire.

Elle souligne enfin la présence alarmante de perturbateurs endocriniens dans les aliments à cause de la composition de certains emballages : un phénomène lié à la multiplication de troubles hépatiques, thyroïdiens et neuro-développementaux sérieux chez les enfants.

Pollution mortelle

Pour enrayer ces dangers, « Un monde durable en héritage » suggère pour cadre de travail les dix-sept « Objectifs pour le développement durable » (ODD) définis en janvier 2016 par le Programme des nations unies pour le développement (PNUD) : un appel mondial aux citoyens, à la société civile, aux entreprises privées et aux gouvernements à travailler de concert pour « éradiquer la pauvreté en s’attaquant à ses causes, protéger la planète et améliorer la vie des populations ».

Ces « objectifs » ciblent les domaines de l’alimentation, de l’égalité, de l’accès à l’eau et aux installations sanitaires, de l’énergie, de la pollution atmosphérique, du changement climatique ou de l’exposition aux produits chimiques. (…)

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UN experts denounce ‘myth’ pesticides are necessary to feed the world

UN experts denounce ‘myth’ pesticides are necessary to feed the world

The idea that pesticides are essential to feed a fast-growing global population is a myth, according to UN food and pollution experts.

A new report, being presented to the UN human rights council on Wednesday, is severely critical of the global corporations that manufacture pesticides, accusing them of the “systematic denial of harms”, “aggressive, unethical marketing tactics” and heavy lobbying of governments which has “obstructed reforms and paralysed global pesticide restrictions”.

The report says pesticides have “catastrophic impacts on the environment, human health and society as a whole”, including an estimated 200,000 deaths a year from acute poisoning. Its authors said: “It is time to create a global process to transition toward safer and healthier food and agricultural production.”

The world’s population is set to grow from 7 billion today to 9 billion in 2050. The pesticide industry argues that its products – a market worth about $50bn (£41bn) a year and growing – are vital in protecting crops and ensuring sufficient food supplies.

“It is a myth,” said Hilal Elver, the UN’s special rapporteur on the right to food. “Using more pesticides is nothing to do with getting rid of hunger. According to the UN Food and Agriculture Organisation (FAO), we are able to feed 9 billion people today. Production is definitely increasing, but the problem is poverty, inequality and distribution.”

Elver said many of the pesticides are used on commodity crops, such as palm oil and soy, not the food needed by the world’s hungry people: “The corporations are not dealing with world hunger, they are dealing with more agricultural activity on large scales.”

The new report, which is co-authored by Baskut Tuncak, the UN’s special rapporteur on toxics, said: “While scientific research confirms the adverse effects of pesticides, proving a definitive link between exposure and human diseases or conditions or harm to the ecosystem presents a considerable challenge. This challenge has been exacerbated by a systematic denial, fuelled by the pesticide and agro-industry, of the magnitude of the damage inflicted by these chemicals, and aggressive, unethical marketing tactics.”

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« L’histoire qui se trame autour de Monsanto a tous les ingrédients d’un scénario à la Erin Brockovich »

« L’histoire qui se trame autour de Monsanto a tous les ingrédients d’un scénario à la Erin Brockovich »

Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au service Planète, explique comment une toxicologue de l’Agence américaine de protection de l’environnement a expliqué dès 2013 qu’il est « fondamentalement certain que le glyphosate est cancérogène »

Une multinationale, une scientifique muselée par sa hiérarchie, une class action conduite par des avocats rusés et enfin la découverte d’une pièce à conviction explosive… L’histoire qui se trame depuis quelques mois en Californie a tous les ingrédients d’un scénario à la Erin Brockovich, le film de Steven Soderbergh nommé cinq fois aux Oscars en 2001, dont le prix de la meilleure actrice pour Julia Roberts.

L’affaire ne commence pas dans les prétoires américains, mais au Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) – l’agence des Nations unies chargée d’inventorier les substances cancérogènes.

En mars 2015, les experts réunis par le CIRC classent le glyphosate (le principe actif de l’herbicide Roundup) comme « cancérogène probable » pour l’homme. Ils estiment le produit mutagène, cancérogène pour l’animal, et citent plusieurs études épidémiologiques suggérant un lien entre le lymphome non hodgkinien (un cancer du sang) et le produit phare de Monsanto – qui est aussi la pierre angulaire de son modèle économique (la vente liée du pesticide et des cultures transgéniques qui le tolèrent).

La firme de Saint-Louis (Missouri) proteste, mais le mal est fait. Aux Etats-Unis, plusieurs actions en justice, individuelles ou collectives, voient le jour. L’une d’elles, plaidée devant la cour fédérale de San Francisco (Californie), rassemble plusieurs centaines d’employés agricoles et de fermiers touchés par un lymphome après avoir travaillé au contact de l’herbicide.

Lire aussi :   Aux Etats-Unis, l’Etat de Washington porte plainte contre Monsanto

Bien sûr, les avocats de Monsanto ne se laissent pas intimider. Fin avril 2016, par une coïncidence extraordinaire, le brouillon d’une expertise de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) – lancée en 2009 – est mis en ligne par erreur. Les toxicologues de l’agence, réunis au sein du Cancer Assessment Review Committee (CARC), y estiment que le glyphosate est improbablement cancérogène. Les avocats de la firme de Saint-Louis en font leur miel, même si le rapport, provisoire, est rapidement ôté du site de l’EPA.

« Ce n’est pas éthique »

Hasard des acronymes : d’un côté le CIRC, de l’autre le CARC. Deux groupes d’experts, deux avis opposés. Les avocats des plaignants se sont donc demandé par quelle étrangeté des experts pouvaient soutenir des opinions aussi divergentes.

Cherchant une réponse à cette question, ils ont déniché une pièce à conviction redoutable. C’est un courriel daté du 21 mars 2013 et adressé par Marion Copley, une toxicologue galonnée de l’EPA, à l’un de ses supérieurs, qui supervise le CARC. La missive est terrible. Marion Copley écrit avoir, sur la foi de « décennies d’expertise en pathologie », « des commentaires qui pourraient être très utiles au CARC ».

Le glyphosate ? La chercheuse énumère quatorze mécanismes d’action par lesquels la substance, dit-elle, peut initier ou promouvoir la formation de tumeurs. « Non seulement chacun de ces mécanismes est à lui seul capable de provoquer une tumeur, mais le glyphosate les enclenche tous de façon simultanée, ajoute Marion Copley. Il est fondamentalement certain que le glyphosate est cancérogène. » La scientifique, qui travaille depuis près de trente ans à l’EPA, écrit ces mots deux ans avant l’expertise du CIRC et alors que celle du CARC est entamée depuis plus de trois ans.

Bien mal entamée, selon elle. Le propos se durcit. « Jess [c’est le prénom du destinataire], nous nous sommes toi et moi disputés de nombreuses fois à propos du CARC et tu me contredis souvent sur des sujets hors de ta compétence, ce qui n’est pas éthique, ajoute-t-elle, de plus en plus amère. Ta maîtrise obtenue en 1971 au Nebraska est complètement obsolète, en vertu de quoi la science du CARC a dix ans de retard sur la littérature scientifique. »

Les accusations vont crescendo : « Pour une fois, écoute-moi et arrête tes connivences et tes jeux politiques avec la science pour favoriser les industriels, écrit-elle. Pour une fois, fais ce qu’il y a à faire, et ne prends pas tes décisions en fonction de la manière dont elles vont affecter ton bonus. »

Ce n’est pas tout. Marion Copley accuse aussi le destinataire d’avoir « intimidé les experts du CARC » et d’avoir « modifié » deux autres rapports après leur finalisation, « pour favoriser l’industrie ». Deux autres scientifiques de l’EPA sont mis en cause nommément… La lettre de Marion Copley pourrait peser très lourd. Non seulement sur l’issue de la procédure, mais sur l’avenir même du glyphosate : celui-ci est toujours en cours de réévaluation, aux Etats-Unis et en Europe. Le courriel de Marion Copley pourrait bien être à Monsanto ce que le cancer est aux humains. (…)

 

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