UN experts denounce ‘myth’ pesticides are necessary to feed the world

UN experts denounce ‘myth’ pesticides are necessary to feed the world

The idea that pesticides are essential to feed a fast-growing global population is a myth, according to UN food and pollution experts.

A new report, being presented to the UN human rights council on Wednesday, is severely critical of the global corporations that manufacture pesticides, accusing them of the “systematic denial of harms”, “aggressive, unethical marketing tactics” and heavy lobbying of governments which has “obstructed reforms and paralysed global pesticide restrictions”.

The report says pesticides have “catastrophic impacts on the environment, human health and society as a whole”, including an estimated 200,000 deaths a year from acute poisoning. Its authors said: “It is time to create a global process to transition toward safer and healthier food and agricultural production.”

The world’s population is set to grow from 7 billion today to 9 billion in 2050. The pesticide industry argues that its products – a market worth about $50bn (£41bn) a year and growing – are vital in protecting crops and ensuring sufficient food supplies.

“It is a myth,” said Hilal Elver, the UN’s special rapporteur on the right to food. “Using more pesticides is nothing to do with getting rid of hunger. According to the UN Food and Agriculture Organisation (FAO), we are able to feed 9 billion people today. Production is definitely increasing, but the problem is poverty, inequality and distribution.”

Elver said many of the pesticides are used on commodity crops, such as palm oil and soy, not the food needed by the world’s hungry people: “The corporations are not dealing with world hunger, they are dealing with more agricultural activity on large scales.”

The new report, which is co-authored by Baskut Tuncak, the UN’s special rapporteur on toxics, said: “While scientific research confirms the adverse effects of pesticides, proving a definitive link between exposure and human diseases or conditions or harm to the ecosystem presents a considerable challenge. This challenge has been exacerbated by a systematic denial, fuelled by the pesticide and agro-industry, of the magnitude of the damage inflicted by these chemicals, and aggressive, unethical marketing tactics.”

Read more : UN experts denounce ‘myth’ pesticides are necessary to feed the world | Environment | The Guardian

« L’histoire qui se trame autour de Monsanto a tous les ingrédients d’un scénario à la Erin Brockovich »

« L’histoire qui se trame autour de Monsanto a tous les ingrédients d’un scénario à la Erin Brockovich »

Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au service Planète, explique comment une toxicologue de l’Agence américaine de protection de l’environnement a expliqué dès 2013 qu’il est « fondamentalement certain que le glyphosate est cancérogène »

Une multinationale, une scientifique muselée par sa hiérarchie, une class action conduite par des avocats rusés et enfin la découverte d’une pièce à conviction explosive… L’histoire qui se trame depuis quelques mois en Californie a tous les ingrédients d’un scénario à la Erin Brockovich, le film de Steven Soderbergh nommé cinq fois aux Oscars en 2001, dont le prix de la meilleure actrice pour Julia Roberts.

L’affaire ne commence pas dans les prétoires américains, mais au Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) – l’agence des Nations unies chargée d’inventorier les substances cancérogènes.

En mars 2015, les experts réunis par le CIRC classent le glyphosate (le principe actif de l’herbicide Roundup) comme « cancérogène probable » pour l’homme. Ils estiment le produit mutagène, cancérogène pour l’animal, et citent plusieurs études épidémiologiques suggérant un lien entre le lymphome non hodgkinien (un cancer du sang) et le produit phare de Monsanto – qui est aussi la pierre angulaire de son modèle économique (la vente liée du pesticide et des cultures transgéniques qui le tolèrent).

La firme de Saint-Louis (Missouri) proteste, mais le mal est fait. Aux Etats-Unis, plusieurs actions en justice, individuelles ou collectives, voient le jour. L’une d’elles, plaidée devant la cour fédérale de San Francisco (Californie), rassemble plusieurs centaines d’employés agricoles et de fermiers touchés par un lymphome après avoir travaillé au contact de l’herbicide.

Lire aussi :   Aux Etats-Unis, l’Etat de Washington porte plainte contre Monsanto

Bien sûr, les avocats de Monsanto ne se laissent pas intimider. Fin avril 2016, par une coïncidence extraordinaire, le brouillon d’une expertise de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) – lancée en 2009 – est mis en ligne par erreur. Les toxicologues de l’agence, réunis au sein du Cancer Assessment Review Committee (CARC), y estiment que le glyphosate est improbablement cancérogène. Les avocats de la firme de Saint-Louis en font leur miel, même si le rapport, provisoire, est rapidement ôté du site de l’EPA.

« Ce n’est pas éthique »

Hasard des acronymes : d’un côté le CIRC, de l’autre le CARC. Deux groupes d’experts, deux avis opposés. Les avocats des plaignants se sont donc demandé par quelle étrangeté des experts pouvaient soutenir des opinions aussi divergentes.

Cherchant une réponse à cette question, ils ont déniché une pièce à conviction redoutable. C’est un courriel daté du 21 mars 2013 et adressé par Marion Copley, une toxicologue galonnée de l’EPA, à l’un de ses supérieurs, qui supervise le CARC. La missive est terrible. Marion Copley écrit avoir, sur la foi de « décennies d’expertise en pathologie », « des commentaires qui pourraient être très utiles au CARC ».

Le glyphosate ? La chercheuse énumère quatorze mécanismes d’action par lesquels la substance, dit-elle, peut initier ou promouvoir la formation de tumeurs. « Non seulement chacun de ces mécanismes est à lui seul capable de provoquer une tumeur, mais le glyphosate les enclenche tous de façon simultanée, ajoute Marion Copley. Il est fondamentalement certain que le glyphosate est cancérogène. » La scientifique, qui travaille depuis près de trente ans à l’EPA, écrit ces mots deux ans avant l’expertise du CIRC et alors que celle du CARC est entamée depuis plus de trois ans.

Bien mal entamée, selon elle. Le propos se durcit. « Jess [c’est le prénom du destinataire], nous nous sommes toi et moi disputés de nombreuses fois à propos du CARC et tu me contredis souvent sur des sujets hors de ta compétence, ce qui n’est pas éthique, ajoute-t-elle, de plus en plus amère. Ta maîtrise obtenue en 1971 au Nebraska est complètement obsolète, en vertu de quoi la science du CARC a dix ans de retard sur la littérature scientifique. »

Les accusations vont crescendo : « Pour une fois, écoute-moi et arrête tes connivences et tes jeux politiques avec la science pour favoriser les industriels, écrit-elle. Pour une fois, fais ce qu’il y a à faire, et ne prends pas tes décisions en fonction de la manière dont elles vont affecter ton bonus. »

Ce n’est pas tout. Marion Copley accuse aussi le destinataire d’avoir « intimidé les experts du CARC » et d’avoir « modifié » deux autres rapports après leur finalisation, « pour favoriser l’industrie ». Deux autres scientifiques de l’EPA sont mis en cause nommément… La lettre de Marion Copley pourrait peser très lourd. Non seulement sur l’issue de la procédure, mais sur l’avenir même du glyphosate : celui-ci est toujours en cours de réévaluation, aux Etats-Unis et en Europe. Le courriel de Marion Copley pourrait bien être à Monsanto ce que le cancer est aux humains. (…)

 

Lire la suite : « L’histoire qui se trame autour de Monsanto a tous les ingrédients d’un scénario à la Erin Brockovich » Le Monde

Grippe aviaire : tous les canards des Landes vont être abattus

Grippe aviaire : tous les canards des Landes vont être abattus

Les 600 000 canards d’élevage encore vivants dans les Landes vont être abattus pour tenter d’éradiquer l’épidémie de grippe aviaire.

Les canards d’élevage encore vivants dans les Landes vont être abattus pour tenter d’éradiquer l’épidémie de grippe aviaire, a annoncé mardi 21 février le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, à l’antenne de France Bleu Gascogne.

« On a déjà abattu beaucoup de canards sur la partie est du département, on sait qu’il reste une zone sur laquelle on va agir pour abattre l’ensemble des canards pour essayer de stabiliser cette zone », a déclaré M. Le Foll, après avoir répondu par l’affirmative lorsqu’on lui demandait s’il faudrait abattre les 600 000 canards du département.

Le ministre doit se rendre mardi après-midi à Mont-de-Marsan, dans le département. « Il ne reste plus que cette partie ouest qu’il faut qu’on traite, malheureusement, a-t-il ajouté. Il va falloir aller vite dans l’abattage des canards pour qu’on puisse avoir une stabilisation de l’ensemble de la zone, c’est ça l’objectif. »

Lire aussi :   Les éleveurs de canards s’interrogent sur l’organisation de leur filière

Il a ensuite évoqué la mise en place de « zones de protection dans lesquelles on va éviter les réimplantations de canards et les mouvements de canards ». Le ministre espère ainsi faire « action de prophylaxie » (prévenir l’extension de l’épizootie) et « bâtir ensuite une reprise de la production, à des délais qui vont être à affiner avec les professionnels mais ça prendra plusieurs semaines ».

L’Etat promet des aides

La FDSEA des Landes, branche départementale du principal syndicat agricole, la FNSEA, s’était dite jeudi 16 favorable à un abattage total des canards avec vide sanitaire pour lutter contre le virus de la grippe aviaire, estimant que les mesures prises jusque-là étaient « dans l’impasse », comme le montre la multiplication des cas de H5N8 dans le Sud-Ouest.

Selon le plus récent bilan du ministère daté du 20 février, 306 foyers ont été repérés dans des élevages depuis le début de l’épizootie. Le département des Landes, où est produit environ 25 % du foie gras français, est le plus touché par le virus H5N8 avec 151 cas, devant le Gers (94) et les Hautes-Pyrénées (25). Par ailleurs 28 cas ont été découverts dans la faune sauvage dont 7 dans le Gers et autant dans l’Ain. (..)

Lire la suite : Grippe aviaire : tous les canards des Landes vont être abattus

L’irrésistible expansion de l’agriculture biologique

L’irrésistible expansion de l’agriculture biologique

La part de l’alimentation bio, sans produits phytosanitaires ni OGM, a bondi de 20 % en 2016 et les surfaces cultivées en bio ont progressé de 16 %.

Le bio a le vent en poupe. Les chiffres publiés mardi 21 février par l’Agence Bio, qui qualifie l’année 2016 d’« historique », le prouvent. Selon le groupement d’intérêt public, la part de l’alimentation bio a bondi de 20 % en un an dans le panier du consommateur. Au total, les consommateurs de l’Hexagone ont déboursé 7 milliards d’euros pour s’offrir des produits labellisés sans produits phytosanitaires ni OGM. Au même moment, les candidats se bousculaient au portillon pour se convertir à cette agriculture respectueuse de l’environnement.

Selon l’Agence Bio, le nombre d’exploitants agricoles autorisés à accoler le sigle de la feuille verte sur leur production a progressé de 12 % en un an pour atteindre le nombre de 32 326. Mieux, la surface agricole engagée dans l’agriculture biologique a augmenté de 16 % en 2016 et totalise ainsi plus de 1,5 million d’hectares. Ce qui représente désormais 5,7 % de la surface agricole utile.

La crise qui a secoué ces deux dernières années des pans entiers de l’agriculture française explique en partie cet afflux de conversions. La chute du prix du lait et de la viande a convaincu nombre d’éleveurs de franchir le pas. La démarche concerne également les céréaliers, touchés eux aussi par des cours flageolants et par une dernière moisson plus que maigrelette. Tous souhaitent renouer avec des prix rémunérateurs, quitte à revoir de fond en comble leur modèle de production.

Lire aussi :   L’industrie alimentaire se détourne en masse des œufs de poules en cage

« Phénomène de voisinage »

Autre catalyseur de la dynamique : la structuration de filières. A l’exemple de Biolait. Constituée à l’origine par quelques éleveurs laitiers, la société collecte aujourd’hui le lait de 1 000 fermes réparties sur le territoire. Et un litre de lait bio sur trois produits en France passe entre ses mains. La mise à disposition d’outils de stockage et de transformation dans le secteur des céréales donne maintenant l’élan dans les grandes cultures.

L’effet d’entraînement compte également. « Il y a un phénomène de voisinage. Quand un agriculteur se convertit au bio, ses voisins s’interrogent et sont tentés de suivre l’exemple », explique Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio. D’ailleurs, les régions les plus dynamiques sont celles où l’agriculture bio est déjà la plus enracinée, à l’exemple de l’Occitanie. « A l’inverse, le Grand Est, hors Alsace, les Hauts-de-France et l’Ile-de-France restent en retrait », analyse M. Guhl.

L’effet d’entraînement joue aussi son rôle dans le développement de la consommation. Selon les résultats d’un sondage commandé par l’Agence Bio, 7 Français sur 10 déclarent acheter régulièrement des produits bio. Avec, par ordre de préférence, les fruits et légumes, le lait et les produits laitiers, les œufs, l’épicerie puis la viande. A souligner que pour les deux tiers des personnes interrogées, la santé est l’argument prioritaire dans leur choix, devant les considérations environnementales. Ce bond de la vente des produits bio en France doit beaucoup à la ruée des grandes enseignes vers ce marché lucratif, mais aussi au développement des enseignes spécialisées comme Biocoop, La Vie claire, Bio c’ Bon… Cet appétit des Français a de quoi rassurer tous ceux qui pouvaient s’inquiéter des débouchés avec l’afflux des conversions agricoles.

Lire aussi :   Le contrôle annuel des fermes bio, un garde-fou nécessaire mais menacé

Victime de son succès ?

Pour autant, tous les voyants sont-ils au vert pour l’agriculture bio en France ? Rien n’est moins sûr. L’inquiétude est grande dans les rangs des agriculteurs. En cause, le véritable casse-tête du versement des aides. « Qui veut casser la dynamique de l’agriculture bio française ? », s’interroge la Fédération nationale d’agriculture biologique et de régions de France (FNAB), dans un communiqué publié jeudi 16 février. Et d’expliquer que les aides à la conversion et au maintien, les deux formes de subsides qui soutiennent le secteur, dues pour les années 2015 et 2016, n’ont pas été versées. Soit deux années de retard. Des avances ont été distribuées, mais le flou est total. (..)

Lire la suite : L’irrésistible expansion de l’agriculture biologique Le Monde

« Vous êtes fous d’avaler ça ! » : un industriel repenti dit tout !

« Vous êtes fous d’avaler ça ! » : un industriel repenti dit tout !

On n’a jamais été aussi loin d’une pénurie et, pourtant, l’alimentation revient au coeur de nos inquiétudes. Pourquoi ? Parce qu’on ne sait même plus ce qu’on avale ! Industrialisée et transformée à l’excès, notre nourriture est devenue un produit aux origines inconnues et à la composition douteuse. Heureusement, les consciences s’éveillent peu à peu. Exemple avec Christophe Brusset, un repenti de l’industrie alimentaire qui joue désormais les lanceurs d’alerte… quitte à nous refiler la nausée.

Saviez-vous par exemple qu’on pouvait trouver des poils, des crottes et des cadavres de rats dans certains piments ? Et que cette immonde recette n’était pas du tout le fruit d’un accident isolé ? Voilà le genre d’informations qu’on découvre à la lecture de Vous êtes fous d’avaler ça, le livre coup de poing écrit par Christophe Brusset.

Ingénieur, l’auteur de ce bouquin a travaillé pendant 20 ans comme acheteur au service de l’industrie agroalimentaire. Aujourd’hui, il vide son sac, et ce qu’il y avait à l’intérieur n’est pas joli à voir : clients trompés (sur l’origine des produits), produits mensongers (de la vanille qui ne contient pas de vanille), aliments frauduleux (miel avec sucre ajouté), composants écoeurant (crottes d’animaux), la liste des mauvaises habitudes est aussi longue que scandaleuse.

Il y a quelques mois, Christophe Brusset était invité au micro d’RTL. Une interview quasi surréaliste à ne surtout pas regarder à l’heure du déjeuner. La voici :

Ça fait froid dans le dos n’est-ce pas ?

Christophe Brusset a servi le système. Aujourd’hui, il le dénonce et nous ouvre les yeux. Certains diront qu’il crache dans la soupe, d’autres lui diront merci. A la rigueur, peu importe. Tout ce qui contribue à éclairer les consommateurs que nous sommes est à saluer.

Les industriels veulent engranger un maximum d’argent sur le dos de notre naïveté ? C’est son droit. Mais rien ne nous empêche de nous défendre. Pour cela, il faut écouter ceux qui savent pour modifier nos habitues en conséquence. En ce sens, le livre de ce témoin privilégié de l’agroalimentaire est plus que précieux.

Vous êtes fous d'avaler ça ! Un industriel de l'agro-alimentaire dénonce

 

Lire la suite : « Vous êtes fous d’avaler ça ! » : un industriel repenti dit tout !

Une étude scientifique conclut aux effets bénéfiques globaux de l’agriculture biologique

Une étude scientifique conclut aux effets bénéfiques globaux de l’agriculture biologique

Pour la première fois en France, une étude quantifie les avantages et les inconvénients du bio dans les domaines de l’environnement, de la santé et de l’impact social. Le résultat ? Les bienfaits de l’agriculture bio sont confirmés.

Le tableau récapitulatif du rapport est clair : la majorité des cases sont vert foncé. La couleur signale les impacts positifs de l’agriculture biologique. Ils sont confirmés dans les domaines de la création d’emplois, de la moindre pollution de l’eau par les nitrates et les pesticides, de la plus faible consommation d’énergie à l’hectare, de l’impact réduit sur la biodiversité, de l’absence de maladies dues aux pesticides, ou encore de sa préférence pour le plein air, qui favorise le bien-être animal.

Vous avez sans doute déjà entendu ces arguments en faveur de l’agriculture biologique. Mais ce rapport est pourtant inédit : c’est la première fois que l’on tente, en France, de quantifier précisément ces bénéfices, afin de les rendre visibles tant pour le consommateur que pour le décideur politique.

Commandé par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, il y a un peu plus d’un an à l’Itab (Institut technique de l’agriculture biologique), le rapport Quantifier et chiffrer économiquement les externalités de l’agriculture biologique ? a été présenté par ses auteurs Natacha Sautereau et Marc Benoît, le 25 novembre dernier.

« Il y a externalité lorsque l’activité de production d’un agent a une influence non marchande (positive ou négative) sur le bien-être d’un autre sans qu’aucun ne reçoive ou ne paye une compensation pour cet effet. Les externalités ne sont pas directement visibles et mesurables par le consommateur », explique la synthèse du document. Les deux chercheurs ont pris en compte à la fois les impacts positifs de l’agriculture biologique pour la société et ses effets négatifs, le tout en comparaison avec l’agriculture conventionnelle.

« Une contamination généralisée de ses masses d’eau par les pesticides »

Pour procéder à cette évaluation, ils ont rassemblé une bibliographie de 280 références scientifiques et complété leur analyse par la consultation d’une vingtaine de chercheurs. « Cette étude touche à des domaines très divers, qui vont de la microbiologie des sols à l’épidémiologie en passant par l’économie, explique Natacha Sautereau. Nous avons donc sollicité des experts très différents. » Les externalités ont été regroupées en trois grandes catégories : environnement, santé et performances sociales. Pour chaque partie, la première étape est un essai de chiffrage global : combien d’animaux sont affectés par les pesticides ? Quelles maladies ont un lien avec l’exposition aux pesticides ? Combien d’emplois supplémentaires le bio crée-t-il ? Puis, pour chaque sujet, les auteurs ont cherché les études permettant d’établir un difficile chiffrage économique : quelle valeur donner à la vie d’un oiseau, au service de pollinisation des abeilles, aux gaz à effet de serre non émis ou à un sol en bonne santé ?

Exemple de cette démarche, l’eau, un sujet sur lequel les chercheurs ont pu aisément trouver de nombreuses études. Les chiffres rassemblés dans la synthèse du rapport sont éloquents : « La France connaît une contamination généralisée de ses masses d’eau par les pesticides […] détectés dans 90 % des points de mesures, ainsi que par l’azote, présent sous forme de nitrate […] dans 83 % des points de suivi des eaux de surface. » En outre, « ces pollutions agricoles se sont accentuées dans quasiment toutes les régions », souligne le document. Près de la moitié des sources d’eau potable doivent être dépolluées pour être consommées. Les surcoûts de la pollution de l’eau en France aux nitrates et pesticides ont été évalués entre 940 et 1.490 millions d’euros par an, notent les auteurs du rapport. Ainsi, ils calculent que la société « économise » de 20 à 46 euros par an et par hectare de grande culture (l’unité de comparaison qu’ils ont choisie) en bio plutôt qu’en conventionnel.

Autres chiffrages dans cette partie sur l’environnement, ceux liés à la perte de biodiversité, due entre autres aux pesticides, à la contamination des eaux, ou à la destruction de certains milieux. Le bio permettrait par exemple de diminuer les mortalités d’oiseaux et de poissons, évitant à la société un coût de 43 à 78 euros par hectare de grande culture chaque année. Concernant la pollinisation, le bénéfice créé par une agriculture qui limite leur déclin est comparé au prix d’une location de ruche : 300 euros l’hectare pour des arbres fruitiers dont la production dépend entièrement des abeilles.

Les consommateurs bio ont moins de problèmes de surpoids

La deuxième partie traite des impacts sur la santé. Uniquement pour les cancers (d’autres maladies, comme Parkinson, ont un lien avéré avec les pesticides) pouvant être imputés aux pesticides, l’hypothèse basse est de 52 euros par hectare et par an, et la plus haute de 262 euros. Des dépenses qui seraient évitées en agriculture biologique. « Dans le domaine de la santé, c’est là que les chiffrages sont les plus élevés, mais aussi que les incertitudes sont les plus grandes, c’est pourquoi nous avons eu du mal à produire des résultats chiffrés », explique Natacha Sautereau.

Pour certains sujets, les chercheurs n’ont donc pas pu quantifier les effets, mais soulignent un moindre impact de l’agriculture biologique par rapport à l’agriculture conventionnelle. Ainsi, l’élevage bio consomme significativement moins d’antibiotiques que le conventionnel, contribuant à limiter le développement de l’antibiorésistance. (…)

Lire la suite : Une étude scientifique conclut aux effets bénéfiques globaux de l’agriculture biologique – Reporterre

Tribune : « Manger mieux dans les cantines, plus bio, local et sain est possible sans que ça ne coûte plus cher »

Tribune : « Manger mieux dans les cantines, plus bio, local et sain est possible sans que ça ne coûte plus cher »

La restauration collective est devenue un sujet majeur. Manger mieux, plus bio et local est un impératif vers lequel devraient tendre toutes les cantines françaises, estime ce collectif de signataires.

Avec onze millions de repas servis chaque jour dans les écoles, les maisons de retraite, les hôpitaux, les entreprises et les administrations, la restauration collective s’invite de plus en plus fréquemment dans le débat public.

Elle fait des incursions dans le champ politique, intègre parfois des programmes électoraux, se déploie dans les livres et les émissions grand public, et des chefs étoilés n’hésitent plus à s’en mêler. C’est la preuve qu’elle fait converger certaines des préoccupations économiques, sociales et environnementales du moment, et qu’elle concentre de fortes attentes de la part des citoyens.

Comme tout sujet de société, elle n’échappe pas à une prise en main politicienne : ici on brandit l’impossibilité d’accueillir tous les enfants à la cantine, là on se cache derrière l’incapacité présumée de s’approvisionner plus localement et si possible en bio, là encore les peurs identitaires et communautaires s’immiscent dans les menus…

Abaisser le niveau de débat à ce point est regrettable car cela porte préjudice à une lente évolution qui, discrètement mais sûrement, s’opère en France.

Nouveaux enjeux de territoire

De plus en plus nombreux, des acteurs convaincus et enthousiastes adressent un joli pied de nez aux empêcheurs de bien manger ensemble. Ce sont des élus locaux, des techniciens, des cuisiniers, des gestionnaires, des collectifs de parents, bref, une constellation de citoyens éclairés par de nouveaux enjeux de territoire.

Si on y prête un minimum d’attention, ces cantines « rebelles » sont un formidable outil local de développement et de cohérence écologique.

Toutes se sont posé les bonnes questions : Que mange-t-on ? Comment est-ce produit ? Quel est le lien avec la production de proximité ? Comment le temps du repas est-il géré ? La santé dans l’assiette est-elle envisagée comme une priorité ? Manger bio et local, est-ce vraiment plus cher ? A l’heure des crises agricoles à répétition, la restauration collective apparaît comme un sérieux débouché pour les producteurs locaux légitimement soucieux de vivre décemment de leur métier.

En termes de santé publique et parce qu’elles sont des lieux d’égalité d’accès à l’alimentation, les familles prêtent aux cantines l’image d’un refuge de la variété et de l’équilibre alimentaire des convives.

Ce n’est pas ruineux

Pour ce qui est de la qualité, en revanche, on les accuse d’abuser des premiers prix de l’industrie agroalimentaire et d’une agriculture intensive dont les produits contenant des pesticides saturent de camions les autoroutes d’Europe.

C’est malheureusement assez vrai, le contenu de nos assiettes est la traduction de nos pratiques alimentaires. Manger bio en respectant l’environnement reste l’exception : à peine 3,2 % des achats de la restauration collective en 2015 (source : Agence Bio), même si la croissance annuelle de ce marché affiche une santé à deux chiffres depuis près de dix ans.

Santé, environnement, développement économique : le mouvement des cantines rebelles est à l’œuvre aussi bien en ville qu’à la campagne. Enracinées dans les territoires, en lien direct avec les acteurs de terrain, ces politiques alimentaires innovantes ne ruinent pas les collectivités.

Le bio atteint ainsi près de 20 % à Nantes, Dijon et dans les collèges des Pyrénées-Atlantiques, dépasse les 25 % à Paris, Toulouse et Grenoble ; il s’élève même à 100 % à Grande-Synthe (Nord), au Rouret, à Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes) ou à Ungersheim (Haut-Rhin). Les collectivités parviennent à s’accommoder du cadre rigide du code des marchés publics pour relocaliser la production alimentaire en adaptant leur cahier des charges, jouent sur les prestations des fournisseurs, divisent leurs marchés en autant de lots que la production locale est susceptible d’en emporter. (…)

Lire la suite : Tribune : « Manger mieux dans les cantines, plus bio, local et sain est possible sans que ça ne coûte plus cher »