Les ventes de vaccins anti-grippaux de Sanofi devraient battre des records cet hiver. L’industrie espère par ailleurs que l’épisode grippal sera « un plaidoyer pour la vaccination ».

La vaccination contre la grippe saisonnière a de nouveaux avocats. Ce n’est pas pour déplaire aux trois fabricants du vaccin antigrippe, Sanofi, Mylan et les laboratoires Pierre Fabre. Martin Hirsch, directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, a déclaré, jeudi 12 janvier que, « si la vaccination [du personnel soignant] était décrétée obligatoire », il l’appliquerait « avec plaisir » dans les établissements hospitaliers de la capitale. La veille, le professeur Benoît Vallet, directeur de la santé au ministère des affaires sociales, avait déclaré qu’il « fallait réfléchir » à rendre obligatoire le vaccin antigrippal pour les médecins, infirmiers et aides-soignants.

Une mesure avait été votée il y a dix ans par les parlementaires, mais suspendue quelques mois plus tard. Imposer cette piqûre au personnel soignant permettrait de ralentir la propagation du virus, de réduire l’exposition des personnes à risques, notamment les personnes âgées dans les maisons de retraite, et de limiter la mortalité due à la grippe.

Cette mesure serait, bien entendu, du bain bénit pour l’industrie pharmaceutique. Mais, d’ores et déjà, l’épidémie actuelle fait le bonheur des fabricants de vaccins. La virulence de la grippe 2017 a convaincu le grand public de la pertinence de se faire vacciner au début de l’hiver, pour éviter tout épisode grippal.

Selon le réseau de surveillance Sentinelles-Inserm, plus de 784 000 personnes auraient consulté un médecin pour des symptômes grippaux en l’espace de quatre semaines seulement. Et 52 personnes sont décédées en réanimation à l’hôpital, depuis le début de l’épidémie, selon les autorités sanitaires. Les services d’urgence sont depuis débordés.

Pas de réassorts

« Les grossistes-répartiteurs qui approvisionnent les pharmaciens sont sous tension », affirme aussi François Douere, directeur des opérations du groupement Evolupharm. Il serait désormais fort difficile de se procurer un vaccin antigrippal. A en croire plusieurs pharmacies parisiennes, les trois références efficaces pour s’immuniser contre le virus H3N2 de type A – l’Influvac de Mylan, l’Immugrip des laboratoires Pierre Fabre et le Vaxigrip de Sanofi – seraient en rupture de stock.

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« Faux. Nous en avons encore », assurent les laboratoires Pierre Fabre, numéro trois français avec 6,5 % de part du marché tricolore, loin derrière les 43 % de Sanofi. OCP, premier répartiteur pharmaceutique en France, dit lui aussi être en mesure d’approvisionner ses clients. « La demande est continue depuis octobre », constate cependant Véronique Jung, pharmacienne responsable chez OCP.

Une chose est sûre : il n’est pas possible de réassortir les stocks. C’est trop tard. Car, chaque année, sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui identifie les souches du virus grippal prévisible sur l’hiver suivant, la production de vaccins est réalisée entre « février et août » en fonction des volumes de précommandes réalisés par les grossistes, rappelle Sanofi. En janvier, il serait désormais impossible de produire de nouvelles doses de vaccin.

« Le marché devrait s’établir à 9,3 millions de doses sur la saison 2016-2017, contre 9,1 millions en 2015-2016 » Une porte-parole de Sanofi

Peu importe : la saison 2017 est déjà un bon cru. Le marché français du vaccin antigrippal devrait renouer avec la croissance cette année. Entre janvier et novembre 2016, plus de 8,3 millions de doses ont été vendues, chiffrent les laboratoires Pierre Fabre. « Le marché devrait s’établir à 9,3 millions de doses sur la saison 2016-2017, contre 9,1 millions en 2015-2016 », avance une porte-parole de Sanofi. Le groupe, numéro deux du vaccin antigrippal en France, derrière Mylan, profitera à plein de l’épidémie. D’autant qu’elle a été précoce en Europe. Elle s’est abattue sur la France fin décembre, mais dès mi-novembre sur une bonne partie du continent européen.

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Sur le seul troisième trimestre 2016, Sanofi a réalisé 980 millions d’euros de chiffre d’affaires grâce à son Vaxigrip, soit 34,6 % de plus que sur la même période de 2015. Ce volume d’activité sur un trimestre est « équivalent à celui de l’ensemble de l’année 2013 », observe Sébastien Malafosse, analyste financier spécialisé sur les secteurs pharmacie et biotech, chez Oddo Securities. (…)

Lire la suite : La grippe profite à l’industrie pharmaceutique

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