Réédité ce jeudi, un livre pointe « l’inutilité » et la « dangerosité » d’un grand nombre de médicaments. Une situation connue des médecins, qui tentent d’alerter sur les conséquences pour les patients

Lors de sa sortie en 2012, le livre des professeurs Philippe Even et Bernard Debré avait fait grand bruit. Dans le « Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux » (Cherche Midi), vendu à plus de 160 000 exemplaires et réédité ce jeudi dans une version mise à jour, les deux médecins assurent, en substance, qu’un tiers des médicaments proposés sont « inefficaces », qu’un quart sont mal tolérés et 5% potentiellement dangereux…

Chez les praticiens, l’ouvrage est bien connu. Le docteur bordelais Bernard Plédran, trésorier adjoint et délégué régional en Aquitaine du syndicat MG, le premier chez les médecins généralistes, a lu l’édition publiée en 2012. Son sentiment à propos de l’ouvrage est mitigé. A ses yeux, le document est à la fois « la meilleure et la pire des choses ».

« C’est écrit par des gens qui ne sont jamais sorti de l’hôpital, qui ne connaissent pas la vraie vie donc c’est un peu désagréable, développe-t-il. Le souci de ce livre, c’est qu’il y a beaucoup d’amalgames entre les médicaments qui sont prescrits et ceux qui ne le sont pas. Après, le livre dit beaucoup de choses qui sont vraies. Il met l’accent sur le fait que les médicaments ne sont pas des produits comme les autres, que ce ne sont pas des produits de consommation courante. Insister là-dessus, c’est une excellente idée ».

Un système paradoxal

Si les auteurs de l’ouvrage reconnaissent l’utilité et l’efficacité de nombreux médicaments, le professeur Even notant par exemple les « progrès réels » réalisés dans le cadre des traitements anti-cancéreux, c’est leur proportion relativement faible par rapport au nombre de produits commercialisés qui interpelle. 200 médicaments supplémentaires ont été analysés dans la nouvelle édition du « Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux ».  Seulement « une cinquantaine sont utiles », a assuré mercredi le professeur Even sur RTL.

En cette période d’hiver propice aux rhumes, le médecin rappelle par exemple que les médicaments en vente libre contre les congestions nasales, très courants, contiennent souvent de la pseudoéphédrine. Ils présentent donc des dangers pour la santé.

« L’exemple le plus criant, ce sont tous les médicaments contre le rhume, abonde le docteur Bernard Plédran. Tous les pharmacologues disent depuis des années qu’ils sont dangereux, qu’ils peuvent avoir des conséquences dramatiques, graves, comme des problèmes cardiaques qui peuvent aller jusqu’à la mort. Ça reste rare mais ce n’est pas anodin. Pourtant, ils continuent à être vendus librement. C’est dérangeant… Il faut savoir que ces médicaments sont passés en vente libre quand les médecins ont arrêté de les prescrire parce qu’ils étaient dangereux… C’est le paradoxe du système ». (..)

Lire la suite : Médicaments « inutiles et dangereux » : « Les lobbys sont d’une puissance dramatique » – SudOuest.fr

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