Depuis l’adoption de la loi pour la croissance verte, les associations jugent que le gouvernement « reste au milieu du gué ». Le président de la République l’avait annoncée comme « l’un des textes les plus importants du quinquennat ». La ministre de l’environnement, elle, a vanté un texte « de portée historique ». Un an jour pour jour après l’adoption du projet de loi de transition énergétique pour la croissance verte, François Hollande et Ségolène Royal devaient se retrouver pour « une cérémonie d’anniversaire », vendredi 22 juillet après-midi à l’Elysée, devant un parterre de professionnels, d’élus et d’associations.

Où en est-on d’une « transition verte » porteuse de grandes ambitions, en termes de sobriété énergétique, de promotion des renouvelables, de réduction de la dépendance au nucléaire, de rénovation des bâtiments ou de développement des transports propres ? La France a pris « un temps d’avance », se félicite la ministre, qui souligne « le travail considérable réalisé », avec « 85 % des décrets [d’application] publiés ou au Conseil d’Etat ».

Elle met en avant l’émergence, avec la mobilisation « formidable » des collectivités locales, de « 400 territoires à énergie positive, 153 territoires zéro déchet zéro gaspillage, 111 communes sans pesticides, 15 000 emplois verts ». « Le mouvement est enclenché et il est irréversible. Après les semailles, le temps est venu de la récolte », ajoute-t-elle sur le registre bucolique. Dans beaucoup de domaines, pourtant, les retards s’accumulent.

La montée en régime des filières vertes est l’un des piliers de la loi. Elles devront assurer 23 % de la consommation totale d’énergie en 2020, et 32 % en 2030. On en est encore loin. Certes, indique Mme Royal, « en 2015, la production des énergies renouvelables a augmenté de plus de 23 % (hors hydroélectricité), avec 1 000 mégawatts (MW) de nouvelles capacités éoliennes et 900 MW de nouvelles capacités solaires ». Mais cette progression se fait à partir d’un niveau très bas.

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Part des renouvelables dans la consommation d’énergie des pays européens en 2014 Commission européenne

En 2014, la part des renouvelables dans la demande totale en énergie n’était que de 14,3 % en France, qui se situait en seizième position parmi les vingt-huit Etats membres de l’Union européenne, loin derrière la Suède, premier du classement (52,6 %).

« Même avec la loi de transition énergétique, l’objectif pour 2020 ne sera pas atteint. Il est trop tard pour combler le retard », estime Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables. En revanche, il n’est pas trop tard pour se mettre en position d’atteindre l’objectif de 2030. » A cet égard, il salue les appels d’offres pour le photovoltaïque, le petit hydraulique et la biomasse, qui « sécurisent ces filières ». Même si, pour les énergies marines, le cap devra être « revu à la hausse ».

L’essor des renouvelables est toutefois hypothéqué par l’absence de trajectoire claire pour le nucléaire.

Lire la suite : Un an après la loi, où en est la France de sa transition énergétique ?

Lire aussi :   Le mirage français de la baisse du nucléaire

 

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