
La consommation de junk food est d’abord le marqueur d’une alimentation générale de piètre qualité. En croisant notre hérédité avec les conditions modernes d’alimentation, tout semble se liguer contre le maintien d’un poids raisonnable.
L’objectif est de démêler la part des gènes, des comportements et du milieu dans la genèse de l’obésité.L’objectif est de démêler la part des gènes, des comportements et du milieu dans la genèse de l’obésité.
Si l’on ne devient pas obèse par hasard, le comportement n’est pas, loin de là, la seule explication. Pour le Pr Jean-Michel Oppert, médecin nutritionniste à la Pitié-Salpêtrière, «il faut faire la part entre ce qui relève de la physiologie, du comportement et de l’environnement, c’est-à-dire de facteurs en grande partie socio-économiques». Le chercheur estime qu’il faudrait même considérer l’obésité comme «une réponse normale dans un environnement anormal, moyennant des susceptibilités individuelles».
Faut-il accuser l’abondance de fast-foods et autres distributeurs de junk food, aliment sans intérêt nutritionnel bourré de graisse ou de sucre, d’être la source de l’épidémie d’obésité qui sévit aujourd’hui? C’est vrai en partie, mais un peu court. Ainsi la consommation de junk food est d’abord le marqueur d’une alimentation générale de piètre qualité. De même, les études se sont multipliées ces dernières années pour tenter de mettre en évidence les liens entre obésité et densité des fast-foods dans une zone donnée. Mais les résultats ne sont pas très convaincants.
L’alimentation est une affaire complexe. «Certains concepts sont trop simplistes pour être vrais, comme l’idée que plus un fast-food, un supermarché, ou une salle de sports est proche, plus on l’utilise», concédait le Pr Oppert, lors des Journées de nutrition pratiques (Dietecom 2013) à Paris la semaine dernière. L’étude des quatre cités menée en 2011 sur plus de 5000 jeunes adultes à Chicago, Minneapolis, Oakland et Birmingham (Alabama) illustre la complexité des analyses. Elle montre en effet que seuls les hommes ayant les revenus les moins élevés ont tendance à aller plus souvent que les autres dans les fast-foods. Et encore! À la condition qu’ils se situent dans un périmètre de moins de 3 km.
S’agissant de l’autre coupable fréquemment invoqué dans l’épidémie d’obésité, la sédentarité, l’analyse doit aussi être affinée. L’an dernier, Chantal Simon, professeur de nutrition à Lyon, soulignait l’absence de relation entre la proximité des équipements sportifs et la probabilité d’être obèse (programme Éliane). «Sauf pour les enfants issus des milieux défavorisés», précise le Pr Oppert. (…)
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