RÉCIT Greenpeace publie un rapport accablant sur l’impact des émissions des 196 centrales électriques à charbon qui entourent la capitale chinoise.
L’impact de la pollution sur la santé est l’un des sujets qui inquiètent le plus les Chinois, surtout dans la capitale où l’indice de la qualité de l’air oscille très souvent depuis cet hiver entre «dangereux» et «très dangereux», allant même parfois jusqu’à entrer dans la catégorie «hors norme». Pourtant, si les autorités chinoises ont effectué des études pour évaluer l’accroissement de la mortalité engendré par l’atmosphère viciée, elles se sont jusqu’alors gardées de les rendre publiques.
Deux rapports récents émanants d’organismes américains et internationaux pallient cette grave lacune. La dernière étude en date, publiée le 18 juin, a été réalisée par l’ONG Greenpeace et des experts américains. Elle s’est concentrée sur l’impact des émissions des 196 centrales électriques à charbon qui entourent Pékin – à l’exclusion de toute autre source de pollution de l’air. Greenpeace estime que cette pollution a fait mourir prématurément près de 2000 habitants de Pékin en 2011, et environ 8000 autres dans la province du Hebei qui jouxte la capitale. L’air vicié par les particules d’arsenic, de cadmium et de nickel résultant de la calcination du charbon a en outre provoqué 11 000 cas d’asthme et 12 000 cas de bronchite. Cette étude n’a pas été facile à réaliser car les centrales chinoises ne rendent pas publiques leurs émissions de pollution. Beaucoup de données sont extrapolées, en suivant un modèle établi par l’Organisation mondiale de la santé.
DIAPORAMA Pékin empêtré dans la pollution
Une étude beaucoup plus alarmante a été publiée en avril par un organisme américain, le Health Effect Institute. Elle prenait en compte toutes les formes de pollution de l’air – pas seulement le charbon – mais excluait tout autre type de pollution (celle de l’eau par exemple). Ce rapport estimait que 1,2 million de Chinois sont morts prématurément dans l’ensemble du pays en 2010 en raison de la mauvaise qualité de l’air. Ce bilan représente 40% du total dans le monde, ce qui n’est après tout pas très étonnant puisqu’en délocalisant ses entreprises en Chine, l’Occident à en quelque sorte «exporté» sa pollution.
Sans doute en réponse aux récentes manifestations antipollution qui ont éclaté dans le pays, les autorités chinoises ont annoncé la semaine dernière toute une série de mesures destinées à améliorer la qualité de l’air. Mais des mesures identiques ou similaires ont déjà été promises au cours des dix dernières années, et entre temps la pollution n’a fait que s’aggraver, et qui plus est de manière considérable. Greenpeace a publié en mai la photo d’un filtre à air représentant l’air respiré par un Pékinois en un jour :

Un filtre à air représentant l’air respiré par un Pékinois en un jour (photo Greenpeace)
Article de PHILIPPE GRANGEREAU Correspondant Libération à Pékin
Lire la suite sur : Pékin empoisonné à l’arsenic, cadmium et autre nickel – Libération.







